Jeudi 2 novembre 2017 - Commémoration de tous les fidèles défunts

Quand la personne est partie, que reste-t-il d’elle en ce monde ?

Lamentations 3,16-26 - Psaume 4 - Romains 14,7-9.10b-12 - Jean 17,1-3
jeudi 2 novembre 2017.
 

Les relations que nous avions nouées avec elles demeurent, mais elles convergent vers un centre qui désormais est vide. Ce sont comme autant de ponts qui auraient perdu l’autre bord : depuis la rive, on ne voit plus l’autre qui s’est noyée dans la brume des allers sans retours.

Pourtant, nous ne cessons de parler des disparus, et même de nous adresser à eux comme s’ils pouvaient nous répondre. Qu’est-ce qui fonde notre pensée obstinée de leur permanence « quelque part » d’où ils pourraient nous entendre, sinon se faire entendre ? Seule notre confiance en un Dieu pour qui ils ne cessent d’être vivants donne à ce rêve une consistance de foi. Jésus le dit en saint Luc : « Tous, en effet, vivent pour lui » (Lc 20,38). Parce qu’ils vivaient pour nous, nous espérons que leur vie n’est pas tout à fait finie : notre ouverture à eux et la leur à nous sont comme deux chemins vers Dieu dont nous croyons à la convergence.

Qui ont-ils rencontré, en vérité, chaque fois que leur cœur s’est ouvert à l’amour pour autrui, sinon le Seigneur Jésus lui-même qui a dit : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Matthieu 25,40) ? C’est lui qu’ils ont connu, parfois sans le savoir ; or, « La vie éternelle, c’est qu’il te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ » (Jean 17,3), nous venons de l’entendre.

Quand l’autre est parti, je reste pour faire mémoire de lui. Mais quand je serai parti moi aussi, que restera-t-il de lui ? Il restera de nous ce chemin d’amour tracé entre nous en ce monde, ce chemin de vie en vérité qui n’est autre que Jésus, le Fils éternel de Dieu parti nous préparer une place au cœur du Père pour toujours.