Dimanche 24 décembre 2017 - 4e dimanche de l’Avent B

Si Jésus était venu autrement, serait-il plus facile de croire ?

2 Samuel 7,1-5.8b-12.14a-16 - Psaume 88,4-5.27-30 - Romains 16,25-27 - Luc 1,26-38
dimanche 24 décembre 2017.
 

S’il était venu autrement, ce serait plus facile de croire, disent certains. Avec des effets spéciaux vraiment visibles pour tout le monde, par exemple. Ou bien dans une famille illustre en manifestant des dons extraordinaires. Ou au sommet d’une montagne dont il serait descendu en majesté au son de trompes formidables. On peut tout imaginer ! Mais non, là, juste une visite privée d’un ange qui dit ce qu’il a à dire et ne s’attarde pas.

En fait, il ne pouvait pas venir autrement. Dieu s’était déjà engagé de longue date. Il avait abondamment parlé par les prophètes et dans l’histoire d’Israël de celui qui devait venir. Sa façon d’agir et d’intervenir était bien connue des siens : pourquoi aurait-il « changé de style » au moment d’accomplir toutes les promesses faites à Israël ? On ne l’aurait pas reconnu ! Or, cette annonce par un ange à celle qui doit devenir la mère d’un sauveur pour son peuple a bien des précédents dans la première Alliance, dont la plus frappante, restée en suspens, est la prophétie d’Isaïe : « C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : voici que la jeune femme est enceinte, elle enfantera un fils, elle lui donnera le nom d’Emmanuel. »

Certes, rien ne permettait d’imaginer qu’il s’agirait d’un fils conçu « de l’Esprit Saint » par une vierge, et que cet enfant serait le propre Fils éternel de Dieu, ainsi fait homme. C’est pourquoi Marie, malgré toute sa connaissance de l’Écriture, s’étonne : « comment cela arrivera-t-il ? » En cela, la venue du Messie dépasse toutes les attentes d’Israël. Mais, à bien y réfléchir, rien de moins ne pouvait les satisfaire pleinement.

Tous ceux qui vont le reconnaître sont pétris de cette histoire et de ces promesses. Leur foi est déjà profonde en ce Dieu qui s’est révélé à leur père Abraham ainsi qu’au peuple qu’il a fait naître de lui, selon sa parole qu’il tient fidèlement d’âge en âge. Marie, Paul, les Apôtres, tous ont pu basculer d’un coup dans la foi au Christ parce qu’ils étaient fondés dans leur foi au Dieu d’Israël. D’ailleurs, dans un premier temps l’Ange ne promet rien d’autre à Marie que la royauté définitive de son fils sur la maison de Jacob.

Pour les païens, l’idée d’un sauveur du monde s’accompagne de représentations fantastiques qui se trouvent désappointées par le style humble et simple de la venue du Messie. Pas pour un fils d’Israël. C’est pourquoi le sens de l’Avent est aussi de nous retremper dans notre « constitution de fils d’Israël » sans laquelle la foi chrétienne reste fragile et fugace, toujours menacée par l’incrédulité des hommes qui ne connaissent pas Dieu.

Ainsi, pour qui pense le sauveur à la manière du monde, Jésus aurait dû venir autrement et satisfaire notre besoin de sensationnel. Mais ce rêve ne saurait être que trompeur et décevant. Tandis qu’en l’avènement de Jésus Christ, Messie et roi d’Israël, Fils de Dieu Sauveur de tous les hommes, notre foi est fondée fermement dans le témoignage de l’un et l’autre Testament. Et rien ne pourra l’ébranler jusqu’à la consommation dans la gloire de son mystère dévoilé en ces temps qui sont les derniers.