Nuit du dimanche 24 au lundi 25 décembre 2017 - Nuit de Noël

Et s’il revenait aujourd’hui ?

Isaïe 9,1-6 - Psaume 95,1-3.11-13 - Tite 2,11-14 - Luc 2,1-14
Montag 25. Dezember 2017.
 

Thème classique de la littérature, en particulier des contes de Noël, la réapparition de Jésus, incognito bien sûr, dans notre quotidien permet de soutenir des propos moraux ou philosophiques divers. Surtout à notre époque où le rêve de pouvoir vivre plusieurs vies sous-tend une culture de jeux vidéo et d’héroïque fantaisie où certains se gavent d’irréalité jusqu’à perdre le sens même de leur propre corps.

Mais, justement, Jésus n’est pas un revenant. Il a vécu une vie d’homme complète, une seule fois, depuis le berceau jusqu’au tombeau, ces deux lieux terminaux qu’évoque si bien la crèche. Le bœuf et l’âne, en particulier, sont bien plus qu’une présence aussi pataude que charmante. Saint Luc ne les mentionne pas, mais ils figurent dans l’évangile apocryphe du Pseudo-Matthieu qui les a sûrement tirés du livre d’Isaïe : « Un bœuf connaît son propriétaire, un âne, la mangeoire chez son maître, Israël ne connaît pas, mon peuple ne comprend pas » (Isaïe 1,3). Ici se trouve indiqué l’étrange refus des siens qui conduira le Christ jusqu’à sa croix.

Mais il ne faudrait pas que le bœuf et l’âne fassent oublier Marie et Joseph ! Non seulement la Vierge sainte et le Juste ont accueilli le Messie à eux confié, mais encore ils représentent une multitude d’autres fidèles du Seigneur qui ont gardé la flamme de la foi tout au long de l’histoire de l’Alliance jusqu’à l’accomplissement des temps. En eux et par eux Dieu a préparé de longue date la naissance merveilleuse que nous fêtons cette nuit. En ce sens, le Christ vient depuis bien longtemps avant que le Fils de Dieu ne soit fait homme. Et, depuis sa résurrection, il ne cesse pas de venir jusqu’au Jour où il viendra dans toute sa gloire.

Jésus n’est pas un revenant, il est le Venant. Il est celui qui vient dans le monde pour notre salut. Il vient en chacun de ceux qui l’accueillent par la foi, de génération en génération de chrétiens. Aujourd’hui nous sommes ses mains, ses yeux, sa parole et sa miséricorde pour nos frères qui nous sont confiés comme il fut confié à ses parents une nuit de notre temps. C’est pourquoi nous avons modifié le texte de l’anamnèse que nous chanterons dans un moment : nous ne demanderons pas « Viens revivre en nous », mais « Viens, demeure en nous ». Celui qui réalise sa présence au milieu des siens sous les espèces du pain et du vin se donne en communion pour demeurer en ceux qui le reçoivent, afin qu’ils vivent de sa vie. Tel est aussi le sens de la mangeoire, de la « crèche », qui tient lieu de berceau au Fils de l’homme en sa naissance.

Ainsi, il n’est nul besoin d’imaginer ce que Jésus ferait ou dirait s’il revenait parmi nous puisqu’il est au milieu de nous, et même avec nous jusqu’à la fin du monde. Nous voyons ce qu’il dit et fait aujourd’hui en la personne de ses saints. Nous le voyons et nous l’accomplissons nous-mêmes si seulement nous nous offrons en confiance à l’Esprit Saint de qui la Vierge Marie a conçu le Sauveur du monde dont nous fêtons la venue cette nuit.