Dimanche 14 janvier 2018 - 2e dimanche Année B

« On me l’a reprise, mais on me l’a quand même donnée pendant 19 ans » - France Gall à la mort de sa fille Pauline

1 Samuel 3,3b-10.19 - Psaume 39,2.4.7-11 - 1 Corinthiens 6,13b-15a.17-20 - Jean 1,35-42
dimanche 14 janvier 2018.
 

« On » : qui est-ce ? Serait-ce Dieu ? Certains disent aussi parfois : « Dieu l’a rappelé ». Est-ce que Dieu rappelle ?

Dieu appelle, c’est sûr, nous le voyons dans le cas du jeune Samuel aujourd’hui. Et cet appel est en rapport avec une démarche de sacrifice puisque Anne, sa mère, avait promis à Dieu de le lui consacrer s’il voulait bien le lui donner.

De même, Jésus, parfait Serviteur du Père qui l’appelle à la mission à son baptême, est désigné par Jean comme « l’Agneau de Dieu ». Or, comment comprendre ce titre sans penser à l’agneau du sacrifice ? Certes, sur la croix, Jésus s’offre en sacrifice ; et le « sacrifice eucharistique » est l’actualisation pour nous, au moment où il se célèbre, de cet unique don de lui-même qu’a fait le Fils un jour de notre histoire humaine.

Mais qui offre l’Agneau, à qui et pour demander quelle faveur ? Cette question peut emmener vers des spéculations dangereuses celui qui s’aventure au-delà de l’affirmation principale que le Christ est lui-même l’autel, la victime et le prêtre, et aussi le Dieu à qui le sacrifice est offert ; et que le fruit de ce sacrifice est le salut du monde.

En revanche, si nous approfondissons cette image de l’Agneau dans le sens de ce que dit Jésus de lui-même, « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur », nous comprenons qu’elle nous révèle à quel point Dieu ne commet ni ne commande aucune violence, mais qu’il prend sur lui-même toute celle du monde pour la vaincre et la détruire par la toute-puissance de son amour.

Les disciples de l’Agneau sont appelés à entrer dans le même genre de sacrifice par le même amour : un don de soi sans limites qui suppose une forme de mortification. L’exhortation de saint Paul dans la deuxième lecture indique un tel chemin : faire mourir tout ce qui en soi, dans son propre corps, égare l’homme dans la recherche de son plaisir égoïste et l’éloigne ainsi des exigences de la charité et de la miséricorde. Si mort il y a, donc, c’est celle du vieil homme afin que l’hommes nouveau, recréé dans la justice et la sainteté de la vérité, puisse grandir et se déployer. Ainsi l’appel de Dieu à la vie ne cesse de se renouveler pour une croissance jusqu’à l’abondance qui est la sienne.

Dieu appelle toujours, il ne rappelle jamais. De même, Jésus vient et il viendra, il ne « revient » pas. Dieu ne revient pas sur ses dons et son appel qui sont sans repentance. Ce que Dieu a donné, il ne le reprend pas. Et si la violence du monde nous prive de la prunelle de nos yeux, rappelons-nous que Dieu qui a donné donnera encore, pour la vie éternelle.

Aujourd’hui, Dieu nous appelle à croire à son amour, dans l’espérance que toute mort sera assumée dans celle de son Fils, l’Agneau qu’il a donné et qui s’est donné au monde pour le sauver et non le condamner, et qu’en sa résurrection seront unis pour toujours ceux qui auront espéré sa venue.