Dimanche 4 mars 2018 - Troisième dimanche de Carême (textes de l’Année A) - Premier scrutin pour les catéchumènes adultes

Avez-vous accès à une eau de bonne qualité ?

Exode17,3-7 - Psaume 94,1-2.6-9 - Romains 5,1-2.5-8 - Jean 4,5-42
dimanche 4 mars 2018.
 

À Paris, oui, bien sûr : dans nos pays d’Occident, en Île de France en tout cas, l’eau du robinet est parfaitement potable et même souvent très bonne. Ce n’est pas le cas pour tous nos frères humains partout dans le monde. Beaucoup souffrent de la pollution des nappes, notamment par des exploiteurs économiques sans scrupules qui dégradent l’environnement au mépris des populations, aveuglément adonnés à l’augmentation de leurs profits financiers.

La situation est comparable pour « la spiritualité », comme la revendiquent aujourd’hui un nombre croissant de nos contemporains qui déclarent ne suivre aucune religion et ne professer aucune foi, sinon une vague croyance à des « puissances », mais protestent de leur attachement à des « valeurs ». Même chez les fidèles, beaucoup de propositions diverses disponibles sur le « marché » trouvent un écho favorable. Or, la qualité de ces ressources est aussi variable et douteuse que celle de l’eau : depuis la dégradation jusqu’à la franche toxicité, elle présente des risques qui vont des désagréments ordinaires jusqu’à la mort par empoisonnement.

Or, il en va pour la spiritualité comme pour l’eau : bonne ou mauvaise, elle est indispensable à la vie. Fût-elle un poison, il faut bien en user, quitte à en mourir. Ainsi l’argent par exemple, « Mammon », devient la passion dévorante d’hommes et de femmes qui y trouvent en quelque sorte l’aliment de leur âme, au point qu’elle se ferme à mort au seul motif qui vaut de vivre : l’amour de Dieu et du prochain.

L’eau vive dont parle Jésus à la Samaritaine, « l’eau vivante » littéralement, c’est bien l’Esprit Saint « qui est Seigneur et qui donne la vie ». Dieu qui n’a pas abandonné les hommes tombés au pouvoir du péché ne les en a pas privés complètement - sinon ils n’auraient pu subsister dans l’être - en vue du jour où il en ouvrirait largement la source dans le côté percé du Christ crucifié. Ainsi, les diverses religions ou spiritualités ne sont pas sans quelque présence de l’Esprit, sauf à l’empêcher tout à fait par une hostilité absolue contre Dieu telle que la réalisent l’orgueil satanique ou la dévotion à l’Argent dans un égoïsme sans frein.

Rappelez-vous la plainte de Dieu, au livre du prophète Jérémie : « Mon peuple a commis un double méfait : ils m’ont abandonné, moi, la source d’eau vive, et ils se sont creusé des citernes, des citernes fissurées qui ne retiennent pas l’eau ! » (Jr 2,13). C’est pourquoi il a envoyé son Fils : quand nous l’adorons en tout lieu sur la terre pourvu que ce soit du fond du cœur, nous sommes les adorateurs que cherche le Père, et nous puisons l’Esprit donné pour le pardon des péchés et la sanctification de tous.

Tous les hommes, chers amis catéchumènes, sont atteints plus ou moins par le Mauvais, corrompus par ses séductions et compromis dans ses œuvres. Tous ont besoin, par-delà les aliments ordinaires de l’âme, de cette eau vivante qui seule peut les purifier du poison mortel. Vous n’êtes pas venus à l’Église trouver simplement une eau spirituelle de bonne qualité, mais bien accéder à celui qui donne la Vie. Ouvrez-lui votre cœur sans crainte d’y découvrir laideurs et ténèbres, puisqu’il prend tout en pitié et peut vous illuminer.

Et vous tous, frères et sœurs, laissez-vous aussi purifier. Car notre vocation sainte n’est pas seulement d’être rendus dignes de notre humanité, et donc de Dieu, mais aussi de devenir ainsi nous-mêmes des sources jaillissantes d’eau vivante pour tous les hommes à qui nous sommes envoyés. Telle est en effet la révélation du Seigneur à la Samaritaine. Ainsi, comme les Samaritains, nos contemporains pourront le reconnaître comme le Sauveur du monde en accédant à cette eau vive que nul sur terre ne peut trouver si le Père ne l’attire à son Fils.