Dimanche 25 mars 2018 - Dimanche des Rameaux et de la Passion Année B

Les Rameaux et la Passion, même combat

Les Rameaux : Jean 12,12-16 - La Passion : Isaïe 50,4-7 - Psaume 21,8-9.17-20.22-24 - Philippiens 2,6-11 - Marc 14,1 à 15,47
dimanche 25 mars 2018.
 

Jésus s’est assis sur un ânon. Un ânon, c’est évident, ce n’est pas grand : un homme adulte ne peut monter dessus, mais seulement s’asseoir sur lui. En choisissant cette position basse, Jésus corrige la façon dont il était attendu. En effet, les palmes symbolisaient la restauration de la royauté en Israël qui suivit la révolte des Maccabées. Le peuple voulait un chef de guerre qui prenne le pouvoir par la force, Jésus se présente en souverain de paix qui veut régner sur les cœurs par l’amour. Suivons ce Roi en son entrée à Jérusalem, la ville de la paix.

Les disciples ont mis du temps à le comprendre, ce geste de Jésus qui s’assoit sur un ânon pour entrer à Jérusalem tandis qu’on l’accueille en Messie guerrier. En effet, descendre dans le ravin qui le sépare de la ville et en remonter sur un ânon, c’est sûrement très pénible et probablement ridicule. Le Christ choisit ici d’anticiper son chemin de croix. Car, en sa Passion, tandis que tous l’insultent et le raillent comme faux prophète, faux roi et faux Sauveur, il réalise vraiment sa mission, accomplissant les Écritures, dominant le péché et la mort par l’Amour, et sauvant ainsi non seulement son peuple Israël mais toute l’humanité. En somme, l’entrée triomphale des Rameaux et l’horrible Calvaire sont l’image en miroir l’une de l’autre.

En Jean comme en Marc, ces deux épisodes sont complémentaires et non opposés. Ils s’éclairent mutuellement pour composer la vérité évangélique : c’est librement que le Fils de Dieu s’est livré au terrible sacrifice où l’insulte, la dérision et le défi renchérissent sur les effroyables souffrances. C’est ainsi que, dans sa liberté souveraine, il réalise notre Rédemption par la puissance de son « trop grand amour ». Les disciples le comprirent après Pâques, après que Jésus eut été glorifié : « C’était bien ce qu’on lui avait fait, ce que l’Écriture disait de lui ».

Quand certains clament que l’Église se laisse faire et qu’elle devrait ne pas accepter qu’on lui marche sur les pieds, ont-ils compris ? Au contraire, quand nous honorons le Père Hamel ou le gendarme Arnaud Beltrame comme des héros, ne sommes-nous pas fidèles à l’esprit de Jésus Christ ? D’aucuns disent qu’un homme d’armes est fait pour dégainer le premier et abattre les assaillants, que la société n’a rien à faire de héros qui se laissent tuer mais qu’elle a besoin de soldats qui détruisent l’ennemi. D’autres se moquent de nous en louant la Chine où les autorités ne font pas dans la mansuétude pour ceux qui menacent l’ordre. Sans doute, un juste usage de la force légitime est nécessaire. Mais, par dessus tout, le disciple comprend que Jésus nous appelle à suivre son chemin de Pâques pour vaincre comme lui la mort et le péché par l’amour et le sacrifice de soi.

Et nous qui nous prétendons disciples, comprenons-nous cela ? Allons-nous nous mettre à la remorque de l’esprit du monde où dominent la haine et la violence, ou bien les combattre en nous par la puissance de l’Esprit de Jésus Christ ? Ne craignons ni la souffrance, ni l’humiliation, ni la mort puisque le Fils de Dieu les a endurées librement pour les vaincre jusque sur la croix. Réjouissons-nous plutôt si nous y avons part pour lui, car avec lui nous connaîtrons la gloire de la résurrection.