Nuit de Pâques du 31 mars au 1er avril 2018 - La Résurrection du Seigneur - Baptême, confirmation et première communion de dix adultes

Pourquoi ont-elles eu peur ?

Genèse 1,1-2,2 - Psaume 103,1-2.5-6.10.12-14.24.35 - Genèse 22,1-18 - Psaume 15,5.8-10.1b.11 - Exode 14,15-15,1 - Cantique Exode 15,2-6.10.11.17 - Isaïe 54,5-14 - Psaume 29,3-6.12-13 - Isaïe 55,1-11 - Cantique Isaïe 12,2-6 - Baruch 3,9-15.32-4,4 - Psaume 50,12-15.18-19 - Ézéchiel 36,16-28 - Psaume 18,8-11 - Romains 6,3b-11 - Psaume 117,1-4.16-17.22-23 - Marc 16,1-8
Saturday 31 March 2018.
 

Présentations des sept premières lectures

1. La lumière a-t-elle eu peur de venir dans le noir ? L’être s’est-il effrayé de jaillir du néant ? Non, car la Parole les a suscités au cœur du silence éternel.

2. N’a-t-il pas tremblé, le bras du père levé sur le fils de la promesse ? Mais ne fallait-il pas que le sacrifice soit accompli pour que la vie passe la mort ?

3. Quelle ne fut pas la terreur du peuple pris entre la mer et la mort par le fer ? Mais ainsi il apprit la crainte de Dieu qui conduit à la vie.

4. Reviens à ton époux, Jérusalem, alors, loin de toi l’oppression, tu n’auras plus à craindre ; loin de toi la terreur, elle ne t’approchera plus.

5. Comme une terre assoiffée recueille l’ondée, reçois la Parole, peuple égaré, elle te rendra la paix.

6. Il lance la lumière, elle prend sa course ; il la rappelle, elle obéit en tremblant. Mais bientôt brille la joie des étoiles.

7. Le peuple dévasté, qui pourra le relever sinon la Source de toute sainteté ? Laissez-vous baigner d’eau pure et vous serez purifiés.

Homélie

Pourquoi ont-elles eu peur ?

Quelle question : elles entrent dans un tombeau et voient un homme assis là ! Il y a de quoi être surprises et saisies. Mais il les rassure, leur explique tout et les charge d’un message. Pourquoi avoir encore peur ?

Peut-être craignent-elles de passer pour folles. D’ailleurs, il y a de quoi se demander si l’on n’a pas perdu la raison. Mais elles sont plusieurs et peuvent donc s’interroger l’une l’autre pour se rassurer mutuellement. De plus, elles ne sont pas envoyées à des inconnus redoutables, mais aux disciples du Seigneur tendre et miséricordieux. Sans doute seront-ils surpris et d’abord incrédules, mais le désir de leur parler devrait l’emporter sur l’appréhension d’un accueil mitigé, non ?

Eh bien, c’est justement ce qui a dû se passer puisque le message est arrivé aux Apôtres, ainsi que l’atteste la suite de l’évangile. Du coup, la question se transforme : pourquoi l’évangéliste Marc veut-il laisser le lecteur en plan devant le silence des femmes sorties effrayées du tombeau ? En effet, le texte se terminait là : la fin du chapitre fut ajoutée par la suite. N’est-ce pas justement pour vous appeler, vous qui l’entendez aujourd’hui, à vous poser la question du plan de Dieu sur vous ?

Après tout, dans cette église, vous ne trouvez pas le corps du Seigneur, ni mort ni ressuscité, seulement un homme en blanc qui vous dit qu’il est vivant. Tout à l’heure, vous en ressortirez, mais comment ? Qu’est-ce qui aura changé pour vous ? Que direz-vous de ce qui vous est arrivé, et à qui ? Peut-être que cette question a de quoi vous effrayer. Et peut-être que ce serait une bonne chose.

Pour les saintes femmes, le silence qui suivit la rencontre ne fut pas sans profit, puisqu’ensuite elles l’ont rompu pour mettre en pratique la parole qu’elles avaient reçue. Vous aussi, écoutez votre peur et discernez en quoi elle peut être de bon conseil. Apprenez des saintes femmes à garder le silence pour que de lui sorte un agir vraiment inspiré du souffle de l’Esprit que vous allez recevoir.

Vous l’avez entendu comme nous : la lumière a jailli dans les ténèbres, le monde fut fait à partir du néant redoutable, la vie est sortie nouvelle du tombeau où la mort l’avait enfouie. À son peuple tombé plus bas que terre à cause de ses péchés, l’Époux a promis l’eau pure et sanctifiante pour le relever et l’établir dans une fidélité nouvelle et invincible.

Ne craignez donc pas d’avoir à annoncer la Parole même dans un monde hostile par une vie qui témoigne de l’Amour crucifié pour lui. Sachez seulement que vous ne pourrez le faire par vos propres forces, mais uniquement par la puissance de celui sur qui la mort n’a plus aucun pouvoir. Recevez-la, cette force, en prenant part à l’Eucharistie que célèbre l’Église ici cette nuit comme partout dans le monde. Le corps du Seigneur, vous ne le voyez pas dans sa chair avec vos yeux de chair, mais vous le discernerez par la foi dans l’hostie qui vous sera présentée, et dans l’assemblée qui va le partager pour former un seul corps habité par l’Esprit.

N’ayez pas peur d’avoir peur, cette nuit et sans doute au cours d’autres nuits de l’existence que vous aurez à accepter comme le Christ a consenti à la coupe que lui tendait le Père. Sachez seulement vous tourner toujours vers lui jusqu’à l’entendre vous dire : « Ne craignez pas, j’ai vaincu le monde ». Ayez confiance dans le Christ dont le baptême va vous revêtir, et dans l’Esprit que le Père va répandre sur vous par la Confirmation ; appuyez-vous toujours sur Jésus dont l’Eucharistie va vous nourrir.

Chers amis, n’ayez plus peur d’avoir peur. Pourquoi auriez-vous jamais peur jusqu’à ne pouvoir en revenir ? Le Seigneur vainqueur de la mort vous relèvera de toutes vos chutes et vous connaîtrez la joie qui couronne la foi aux siècles des siècles.