Vendredi 15 août 2003 - Assomption de la Vierge Marie

Mais comment fait-elle pour être si belle ?

Apocalypse 11,19.12,1-6.10 - 1 Corinthiens 15,20-27 - Luc 1,39-56
vendredi 15 août 2003.
 

Mais comment fait-elle pour être si belle ?

Elle s’occupe de tout dans sa maison, du ménage, de la cuisine, des courses, des enfants, elle travaille, et malgré cela elle est toujours tirée à quatre épingles et ravissante, et ils trouvent encore le moyen de sortir, au cinéma, au théâtre, au concert, et même de recevoir !

C’est simple, elle est heureuse.

Oui, mais, est-ce qu’elle y arrive parce qu’elle est belle, et alors elle est heureuse, ou bien est-elle heureuse parce qu’elle y arrive, et alors elle est belle ? Comment ça commence ?

En tout cas, celui qui commence, c’est Jésus. Par sa passion et par sa mort, par sa résurrection et son ascension dans les cieux, il ouvre le bonheur à tous ceux qui le suivent.

En effet, tous les disciples de Jésus Christ ont part à sa résurrection, dans la résurrection de leurs corps.

Voilà bien une affirmation qui pose mille questions : comment cela se fera-t-il, et est-ce qu’il y aura assez de place pour tout le monde ?

Eh bien, à ce sujet, en fêtant l’Assomption de Marie, nous reconnaissons qu’elle en est témoin, à son tour, la première après Jésus à entrer avec toute son humanité dans la gloire de Dieu. Elle est donc la deuxième. Est-ce important ? Oui, bien sûr. À partir de deux il y a un groupe, une coutume et, surtout, un témoignage recevable.

En entrant dans la maison de Zacharie, Marie salua Élisabeth. Qu’est-ce que la maison de Zacharie, sinon l’espérance ? Zacharie est le nom du dernier des prophètes de l’Ancien Testament : après lui, il n’y a que "Malachie", c’est-à-dire "l’Envoyé", qui est la figure de Jean-Baptiste. Les prophètes ont annoncé la venue du Messie, du Christ.

C’est pourquoi "en entrant" Marie salue Élisabeth : entrer dans l’espérance, c’est déjà annoncer le salut. C’est pourquoi, à cette annonce, Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint.

La résurrection de tous ne sera parfaite qu’au dernier Jour, lors du Jugement dernier. Sauf pour Jésus et Marie, qui sont déjà pleinement assumés corps et âme, en Dieu. Mais, pour nous comme pour eux, la résurrection est déjà commencée dans notre vie terrestre, dans la mesure où nous faisons la volonté de Dieu.

Comment se prépare notre assomption ? En cherchant à chaque instant à vivre comme Dieu nous invite à le faire, et nous donne la force de le faire. Marie n’a jamais pris d’autre chemin que celui que Dieu lui montrait dans sa prière.

Et nous serons pleinement transformés selon le désir de Dieu quand nous entrerons dans sa gloire, lors de la résurrection bienheureuse.

Je dis "bienheureuse", mais attention, frères, je n’oublie pas, et il ne faut pas oublier, qu’il est écrit : "Alors tous ressusciteront, ceux qui auront fait le bien pour entrer dans le bonheur promis, et ceux qui auront fait le mal pour le châtiment éternel.

Cette parole doit nous réveiller de toute torpeur : le risque est réel. Si nous refusons le don de la gloire de Dieu, nous choisissons la damnation.

Comment est-ce possible, direz-vous ? Eh bien, ne connaissez-vous pas, ne sentez-vous pas, la tentation du doute et du défi ? Oui, nous sommes tentés de refuser cette espérance, et la foi qui la fonde, et la charité qu’elle entraîne.

Alors repoussons bien vite cette tentation, aujourd’hui, maintenant, dans la célébration de cette Eucharistie. Accueillons la foi qui est le don de Dieu à qui ne le refuse pas. Acceptons de suivre ses chemins, même s’ils passent par la croix, car tout ce que Dieu nous demande, il nous le donne lui-même.

Vous savez que Marie nous donne le témoignage de cette foi sans défaut, et qu’elle la demande pour nous. Avec elle nous pouvons faire à chaque instant de notre vie ce qui convient, dans les tâches les plus humbles comme dans les moments les plus grands. Et si nous tombons quelquefois sur le chemin, confions-nous aussitôt à la miséricorde de Dieu si bien témoignée en Jésus et en Marie : il nous relèvera et nous fortifiera de nouveau sur la voie où son Fils et tous les saints nous ont précédés.

Demandons à Dieu la foi en son Fils, qui est source et commencement de notre salut : il ne nous la refusera pas, il nous la donnera comme il l’a donnée à Marie, et c’est ainsi qu’il l’a faite si belle.