Dimanche 26 août 2018 - 21e dimanche de l’année B

La fidélité peut coûter cher

Josué 24,1-2a.15-17.18b - Psaume 33,2-3.16-17.20-23 - Éphésiens 5,21-32 - Jean 6,60-69
dimanche 26 août 2018.
 

Elle exige des renoncements difficiles quand il serait si tentant de se laisser aller au désir. Elle entraîne parfois à des acceptations douloureuses qui peuvent se révéler plus éprouvantes dans la durée qu’un sacrifice consenti une bonne fois pour toutes.

Mais l’infidélité aussi coûte cher : elle provoque des pertes irréparables pour un moment d’égarement, elle entraîne dans des dérives progressives dont les conséquences ultimes se soldent parfois par un véritable désastre.

Au moment crucial, le dilemme surgit : d’un côté comme de l’autre, le prix à payer apparaît redoutable. Aurons-nous alors le courage et l’esprit de prendre le bon chemin ? La réponse de Pierre au Seigneur révèle qu’à ce moment-là, il fait le bon choix, non sans mal : loin de manifester un enthousiasme sans réserve, son « À qui irions-nous ? » révèle plutôt l’obscure conscience de la nécessité de la croix indiquée par l’étrange commandement de manger le corps du Christ pour entrer dans la vie qu’il désire de tout son être, comme nous.

Au moment des décisions, désirs et craintes se pressent en notre cœur, plaidant pour la vertu ou tirant vers la transgression. Nous sommes et restons des êtres divisés intérieurement, mais chaque option pour la fidélité au Seigneur nous construit plus fermement comme disciples et nous fait progresser sûrement sur le chemin du bonheur. En effet, comme Pierre l’a bien compris, la balance n’est pas égale entre le péché et la grâce. Non seulement le Seigneur dans sa miséricorde a le pouvoir de pardonner les fautes si nous reconnaissons notre égarement, le regrettons et promettons de nous efforcer de ne pas recommencer, mais encore il récompense la vertu en la couronnant de bienfaits incomparablement plus grands que les peines supportées par amour pour lui.

N’attendons pas les grands événements qui nous mettent au pied du mur, frères et sœurs, pour apprendre à profiter de cette étrange économie divine. Dans les petits faits de la vie, sachons nous demander toujours de quel côté est la fidélité au Seigneur : éclairés par l’Esprit nous prendrons à chaque fois la route de la vie. D’ailleurs je suis sûr que nous en avons tous fait l’expérience, et que nous avons donc de quoi rendre grâce avec le Christ en cette Eucharistie où il se donne en nourriture moyennant le sacrifice de lui-même qu’il a fait sur la croix une fois pour toutes par fidélité à l’amour de son Père.

Laissons-nous profondément instruire et convaincre par les textes de la liturgie de ce dimanche si bien coordonnés pour nous édifier. La première lecture donne à l’événement décisif révélé par l’évangile la profondeur de l’histoire de l’Alliance. La deuxième illustre le propos par un cas particulier, certes, celui de l’alliance de l’homme et de la femme. Mais ce cas est aussi particulièrement important tant il est vrai que le mystère du salut se joue dans le sacrement de mariage.

Déjà la prière d’ouverture de cette messe du 21ème dimanche nous annonçait magnifiquement le sujet : « Dieu qui peut mettre un unique désir au cœur de tes fidèles, accorde à ton peuple d’aimer ce que tu commandes et d’attendre ce que tu promets, afin qu’au milieu des changements de ce monde nos cœurs s’établissent fermement là où se trouvent les vraies joies. »

On ne saurait mieux dire que, quoi qu’il en coûte, le choix de la fidélité au Seigneur est le bon, aujourd’hui et pour toujours.