Jeudi 1er novembre 2018 - La Toussaint

Faisons l’inventaire de nos richesses

Apocalypse 7,2-4.9-14 - Psaume 23,1-6 - 1 Jean 3,1-3 - Matthieu 5,1-12a
Thursday 1 November 2018.
 

Cela va nous prendre un peu de temps, car depuis les babioles, objets de rien du tout ou de pas grand-chose, jusqu’aux possessions les plus considérables, en passant par quantité de choses plus ou moins utiles, les items sont nombreux. Plus rares mais autrement plus précieux, trésors des trésors, sont enfants, parents, conjoints, frères et amis, ceux qui font bondir notre cœur et brillent au ciel de notre vie. Et nous n’oublierons pas les biens immatériels dont la valeur l’emporte souvent sur les autres.

Faisons l’inventaire de nos faiblesses.

L’excès d’attachement à nos avoirs qui retient notre main de s’ouvrir à ceux qui en auraient tant besoin, cette crispation triste quand le don serait libération, joie et bienfait. L’amour propre qui étouffe l’amour de l’autre et le repli sur soi qui nous enferme en nous-mêmes. L’orgueil dont l’enflure aveugle et brouille le regard de l’âme, maudit mauvais conseiller qui se répand en envie triste, en mépris blessant ou en honte mal placée. Et toutes ces passions qui nous tyrannisent si nous ne savons les maîtriser.

Tentons un bilan de pauvreté.

Peut-être, malgré de nombreux biens matériels, en est-il qui nous manquent et seraient nécessaires. Plus cruelle est l’absence, parmi nos trésors aimés, de certains disparus ou éloignés, ou jamais connus. Quant aux biens immatériels, ils peuvent être aussi incomplets que les matériels et même parfois laisser béants de grands désirs inassouvis qui se tournent en dépit et regrets inconsolables.

Toutes ces pauvretés que constituent les lacunes dans nos richesses peuvent se transformer, par le renoncement, en ouvertures vers Dieu que lui seul peut remplir de ses grâces de consolation et de lumière, par l’espérance qui brille dans les Béatitudes. Mais la plus belle des pauvretés, celle qui recueille vraiment la bénédiction céleste, c’est l’humilité de celui qui reconnaît ses faiblesses et ses péchés et se confie à la puissance de l’Esprit saint pour le pardon et pour la conversion.

Nous pouvons nous tenir bien, faire tous les efforts nécessaires pour nous abstenir de comportements inappropriés, mais qui pourra purifier son cœur de tous les poisons qui y furent versés ? Nous pratiquons résolument l’aumône et toutes sortes de gestes de compassion, mais qui saura, tout en gardant la sainte horreur du péché, aimer vraiment le pécheur de toutes ses forces ?

Une telle pureté de cœur, une miséricorde pareille, il faut bien reconnaître que seul Jésus les possède vraiment. Et lui seul peut les donner à qui l’implore de toute son âme. Voilà la pauvreté bénie, celle où nous nous voyons pauvres de sainteté mais la demandant comme des mendiants, et déjà reconnaissants parce que nous avons déjà reçu ce que nous demandons. En effet, au moment où je jette sincèrement aux pieds du Seigneur mon pauvre cœur agité et troublé, je suis purifié. Et sitôt que j’avoue devant lui ma dureté et le mal où je suis de vraiment compatir et agir en conséquence, la miséricorde m’est donnée.

Faisons donc, pour notre joie, l’inventaire de nos bonheurs.

Toujours en premier lieu celui d’être aimés de Dieu tels que nous sommes, en chemin de sanctification mais déjà comblés du désir de le connaître. Ensuite, celui de croire à l’innombrable assemblée des saints qui ont connu les mêmes difficultés que nous et qui ont coopéré à l’œuvre de l’Esprit en eux au point de devenir comme le Christ, pauvres et bienheureux sur la terre. Et aussi à la multitude des frères et sœurs, proches ou lointains, qui sont nos compagnons de route dans la foi et la charité. Enfin l’espérance qui mobilise toute notre vie pour témoigner auprès de nos frères que la vie est un cadeau et que, même éprouvée, bafouée ou défigurée, elle est bénie du Père dans l’Esprit.

Pour inventaire de richesses et bilan de pauvreté, finalement, je dirai simplement : « Jésus Christ ». Ainsi j’ai tout dit puisque, en nous le donnant, Dieu nous a tout donné.