Dimanche 30 décembre 2018 - La Sainte Famille - Année C

Réussir la séparation ouvre l’avenir

Samuel 1,20-22.24-28 - Psaume 83,3-6.9-10 - 1 Jean 3,1-2.21-24 - Luc 2,41-52
Sunday 30 December 2018.
 

Séparation remarquable, le mariage d’un enfant est la consécration de son éducation : « L’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme et tous deux ne seront qu’une seule chair ». Ce départ est peut-être plus dur pour la mère. Mais elle a déjà connu une séparation douloureuse : la naissance. Or, elle en fut heureuse, d’abord comme consécration de sa gestation, ensuite parce que c’était la condition de possibilité de retrouver son enfant en face à face, dans une nouveauté grandie de la relation avec lui.

Marie a vécu la séparation de la naissance, mais pas celle du mariage de Jésus ? Si ! En fait, l’épouse du Seigneur, c’est l’Église née de son côté ouvert sur la croix. Le récit d’aujourd’hui est tissé d’allusions à l’événement de la Pâque dans le même évangile de Luc : Jésus est “perdu et retrouvé”, ce qui est équivalent à “mort et revenu à la vie” ; il l’est “au bout de trois jours”, et il demande à ses parents : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? » comme les anges demanderont aux saintes femmes : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? »

Par sa mort, séparation de son âme et de son corps, et sa résurrection, nouvelle naissance, et par le don de l’Esprit Saint, le Christ réalise une famille nouvelle qui va croître au milieu du monde, en sagesse, en taille et en grâce, celle des disciples qui écoutent la Parole et la mettent en pratique. Par notre baptême, nous avons part à la mort et à la résurrection du Christ, et c’est ainsi que s’accomplit notre nouvelle naissance, par la mort au péché et la sanctification pour une vie digne de Dieu.

Nos familles humaines ont vocation à rester ouvertes vers leur déploiement dans le temps, de génération en génération, avec pour horizon la brume du lointain incertain, de l’avenir énigmatique de l’humanité. Mais dans la lumière de la Révélation, nous connaissons cet avenir : le rassemblement de toute la famille humaine en Dieu, Père et créateur de tous, anticipé en chaque Eucharistie.

D’ici-là, nous allons de naissance en naissance, de séparation en séparation, vers le Jour de la communion parfaite et éternelle, où nous serons réunis pour toujours, car l’Amour nous attend à la fin de l’histoire.