Dimanche 3 février 2019 - 4e Dimanche Année C - Première communion de 21 enfants de l’école Sainte-Clotilde

Avez-vous déjà vu un miracle, les enfants ?

Jérémie 1,4-5.17-19 - Psaume 70,5-8.15.17.19 - 1 Corinthiens 12,31-13,13 - Luc 4,21-30
dimanche 3 février 2019.
 

C’est rare, une guérison miraculeuse : il faut être là au bon moment Mais, dans la discrétion et l’intimité, les enfants vivent souvent de petits miracles : comme le souffle d’une maman sur l’endroit meurtri qui fait s’envoler la douleur. Les enfants savent que l’amour est le premier des remèdes, ou plutôt le meilleur des médecins.

« L’amour médecin », quel beau titre pour joindre l’évangile et la célèbre page de saint Paul que nous venons d’entendre. C’est aussi celui d’une pièce de Molière, une comédie ballet plus exactement L’argument en est simple : une jeune fille voudrait se marier mais son père ne veut pas lâcher. Elle sombre dans la mélancolie. Son père n’y comprend rien : il convoque tous les médecins pour diagnostiquer et guérir la maladie. En vain. Jusqu’à ce que présente le beau prétendant : faux médecin, il se révèle bientôt le véritable remède ! Molière se moque des médecins, mais aussi du malade imaginaire : c’est surtout pour faire rire, car il sait que le rire fait du bien.

« Mélancolie » signifie humeur noire. Celui qui boude ne veut pas être déridé. C’est un cercle vicieux, comme pour Caïn qui baisse la tête et ne veut pas écouter la voix des cieux pour sortir de sa sombre jalousie : il ira jusqu’à tuer son frère. Souvent, celui qui va bien va de mieux en mieux, mais celui qui va mal va de plus en plus mal

La situation de l’humanité avec Dieu est semblable. Pourquoi les hommes rejettent-ils Dieu ? Vous trouvez cela normal ? Il a bien dû se passer quelque chose. Depuis, l’orgueil et l’égoïsme sont des maladies généralisées, des pandémies. Jésus est venu briser le cercle vicieux, l’enfermement infernal. L’homme reproche à Dieu le mal qui est entré dans le monde à cause de lui. Dieu vient le chercher en se mettant à sa hauteur : comme un enfant des hommes, dans leur faiblesse et leur fragilité, dans l’humilité. Mais l’orgueil nous empêche de croire en celui qui s’est abaissé jusqu’à la mort des criminels. La maladie nous interdit de recevoir le remède : cercle vicieux infernal que seul peut briser l’Esprit Saint quand il nous donne de croire à l’amour infini manifesté sur la croix.

La foi n’est pas reçue une fois pour toutes sans qu’elle se trouve éprouvée souvent. Les enfants, n’ayez pas peur de douter quelquefois. Si cela vous arrive, priez simplement pour que la foi vous soit redonnée. Mais la prière n’est-elle pas la respiration de la foi ? Comment donc prier si je ne crois plus ? Encore un cercle vicieux ? Brisons-le encore : priez quand même ! Peut-être parmi nous certains ne croient pas : qu’ils prient quand même !

La foi est un miracle. Le miracle que Jésus ne fait pas ici, devant les siens déçus, il l’accomplit sur la croix où l’amour est vainqueur. Cela ne se voit pas, car nos cœurs sont aveuglés. Mais soudain l’évidence éclate parce que l’Esprit a guéri nos cœurs. N’essayez pas de vous forcer à croire, demandez à l’amour manifesté sur la croix de vous illuminer. Demandez cette lumière : elle vous ouvrira les yeux sur tant d’amour de Dieu à l’œuvre autour de vous et en vous, sur la puissance en action de l’Esprit Saint. Cent fois vous seriez incrédules, cent fois Dieu vous rendra pleine certitude et joie de croire.

Nous rendons grâce du don de la foi avec vous qui allez communier pour la première fois. Vous le croyez : ce pain que vous allez recevoir n’est pas du pain, mais le corps du Christ. Ce miracle suprême s’accomplit dans la discrétion et l’intimité, sans fracas ni éclat, bien à la manière de Dieu. Croyez avec assurance et dans l’humilité à ce Fils de Dieu venu dans l’humilité de notre chair, et vous deviendrez semblables à lui.

L’espérance vous fait prier pour recevoir la foi, et la foi vous est donnée par charité : tel est le miracle toujours renouvelé de celui qui est l’Amour, le bon médecin de nos âmes qui étaient perdues sans lui, mais qu’il est venu chercher et sauver pour l’éternité.