Dimanche 7 avril 2019 - Cinquième dimanche de Carême - Année C

Qu’attendez-vous de la vie ?

Isaïe 43,16-21 - Psaume 125,1-6 - Philippiens 3,8-14 - Jean 8,1-11 (la femme adultère) - Avec les catéchumènes pour leur troisième scrutin : Jean 11,1-45 (La résurrection de Lazare)
Sunday 7 April 2019.
 

Imaginez que vous posiez la question à des nouveau-nés et qu’ils puissent comprendre et vous répondre : que diraient-ils ? Pour eux, la vie est totalement nouvelle, elle est ce qu’ils reçoivent sans avoir rien demandé : ils n’ont pas idée de ce qu’elle devrait être !

En grandissant, l’enfant apprend à rêver et à se projeter dans l’avenir, en particulier « quand il sera grand », mais pour l’essentiel il vit dans le moment présent. Un enfant heureux passe instantanément de l’étude au jeu ou au repas avec le même investissement entier de lui-même. Il goûte la vie comme elle se donne à chaque instant, toujours nouvelle et inattendue.

Au temps de la jeunesse, quand le choix existe entre des possibles multiples et qu’il s’agit de s’engager sans se tromper, la question est bonne à se poser. En particulier lorsque le mariage s’envisage. Mais le plus fort et le plus important est cette aspiration à la vie telle qu’elle sera, telle qu’elle viendra, pourvu que ce soit avec lui, avec elle : l’homme, ou la femme, « de ma vie » !

Et quand les parents ont eu le bonheur de vieillir ensemble, ils s’enthousiasment d’un même cœur à la naissance des enfants de leurs enfants pour cette vie neuve et riche de tous les possibles qu’ils aiment et accueillent comme la leur.

Au fait, quel âge avait Lazare quand il est mort la première fois ? En posant la question on s’aperçoit qu’elle est bien étrange. Curieuse famille, d’ailleurs, que celle formée par cet homme et ses deux sœurs, et dont Jésus était un ami au point d’en faire quasiment partie. Étonnante, d’ailleurs, cette familiarité des sœurs avec celui qu’elles reconnaissent comme Messie d’Israël et puissant au point de pouvoir empêcher la mort de frapper. Qu’attendent-elles de Jésus ?

De lui, elles attendent ce que nous demandons bien légitimement à Dieu : qu’il nous accorde le bon et nous épargne le mauvais. Pourtant, il ne nous dispense pas toujours « des souffrances des hommes et des coups qui frappent les mortels », comme dit le Psaume 72 où le priant exprime son trouble face à la prospérité paradoxale des impies.

Que pouvons-nous donc attendre de Jésus, en tout cas, sinon qu’il nous sauve du péché qui est « l’aiguillon de la mort », comme dit saint Paul ? Or, la foi est le moyen de ce salut, cette foi que semble si bien exprimer Marthe, du moins à première vue.

Car, en réalité, à bien y regarder, elle se dérobe à la véritable question que lui pose le Seigneur : « Moi, je suis la résurrection et la vie, lui dit-il, celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et celui qui vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Sur quoi elle répond qu’elle a toujours cru qu’il était le Messie et elle tourne les talons.

Mais « croire cela » signifie recevoir l’existence comme elle se présente, avec ses bonheurs et ses malheurs, comme un don de Dieu où il est présent. En effet, la vie elle-même est un don, un cadeau du Père qui nous est accordé par la puissance de l’Esprit Saint, lui « qui est Seigneur et qui donne la vie ». Car Jésus, le Verbe éternel est la vie en personne. Et comme il est la résurrection, celui qui l’accueille en acceptant la vie, la reçoit toute neuve, tel le petit d’homme qui vient de naître. À chaque instant, il commence à vivre, et ce commencement est appelé à l’éternité, quand il sera passé par la purification de tout ce qui se trouve en lui de douleur, de péché ou de deuil.

Quoi que vous en attendiez, chers amis catéchumènes, en recevant le baptême c’est cette foi de l’Église que vous accueillerez en plénitude. Alors, avec la foi, vous recevrez la Vie.