Dimanche 28 avril 2002 - Cinquième dimanche de Pâques

Vous êtes peut-être un peu troublés, non ?

Actes 6,1-7 - 1 Pierre 2,4-9 - Jean 14,1-12
dimanche 28 avril 2002.
 

Vous êtes peut-être un peu troublés, non ?

C’est comme une jeune fille qui bouleverse toute la famille par le choix qu’elle fait, incompréhensible et déroutant à tout point de vue. On a beau essayer de la dissuader, elle ne veut pas en démordre. Et plus on lui remontre, plus elle s’obstine. Forcément, parce que son choix est justement un défi, une dénonciation. Il signifie : je n’ai plus de place dans ce que représentez, il n’y a pas d’avenir pour moi de votre part. Vous n’êtes pas mon chemin.

Que dire devant un tel déni de confiance ? Comment en est-on arrivé là ? Et si elle avait un peu raison ? Et s’il était temps de nous remettre en cause ? Qu’avons-nous donc fait, ou omis de faire ?

Ne soyez pas troublés, dit Jésus à ses disciples. Vous croyez en Dieu, croyez en moi. Je suis venu pour vous sauver, vous et tous les hommes, c’est-à-dire pour vous rendre le Père que vous aviez perdu. Le péché du monde que je porte pour vous, c’est le refus, le rejet de Dieu, qui se manifeste par ma croix. Ce péché est défi, révolte et dénonciation de la paternité de Dieu. Je suis venu vous rendre au Père. Par la grâce de Dieu qui accepte ma vie en sacrifice, ma Pâque est passage vers lui pour vous emmener avec moi. Grâce à moi il y a maintenant une place pour vous auprès de lui. Je suis votre chemin de vie.

Jésus ajoute : si vous ne croyez pas ma parole, croyez à cause des œuvres. Et que sont ces œuvres ? Ne s’agit-il pas d’abord de l’Église ? Mais alors, comment se fait-il que cette Église, dans notre pays en particulier, soit si troublée depuis quelques générations ? Pourquoi l’Église elle-même, qui devrait donner à croire, est-elle devenue si peu crédible ? Que s’est-il passé pour qu’elle suscite, même en son sein, défi, révolte et dénonciation ?

Je ne vois qu’une explication. Nous avons oublié Jésus. Nous n’avons gardé qu’une religion à la manière des hommes au nom d’un dieu de la morale ou d’une prétendue libération politique, nous nous sommes passés du Fils venu dans la chair, mort pour le pardon de nos péchés, ressuscité pour notre conversion et notre sanctification, et qui viendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts.

Nous avons appelé christianisme tour à tour un déisme sans le Fils de Dieu et un humanisme sans le Fils de l’homme. Mais voilà : sans lui, personne ne peut nous rendre le Père, et l’homme reste emmuré dans son défi de Dieu, pour son malheur. Il dit qu’il croit en Dieu mais il n’aime pas son prochain. Il dit qu’il aime l’homme, mais il trahit celui qui a donné sa vie pour les hommes de toute race, de toute culture et de toute tradition, pour qu’ils soient frères parce qu’enfants d’un même Père.

Une Église qui a reproduit et perpétué ainsi le rejet de la pierre choisie et de grande valeur sur laquelle seulement se construit l’amour de Dieu dans le monde, une telle Église a mérité de perdre la confiance de ses enfants. Mais le Christ a donné sa vie pour elle, pour la relever de toutes ses chutes.

Mes amis, il est temps de nous reprendre. Il est temps de croire en Jésus Christ : écoutez sa parole qui est la vérité, prenez-le comme votre chemin vers la vie du Père. L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. Reprenons le chemin, si nous l’avions perdu, ne soyons plus troublés et égarés, croyons au Fils de Dieu.