Dimanche 30 juin 2019 - 13e dimanche C

Quelles nouvelles ?

1 Roi 19,16b.19-21 - Psaume 15,1.2a.5.7-10.2b.11 - Galates 5,1.13-18 - Luc 9,51-62
Sunday 30 June 2019.
 

Des nouvelles, il y en a toujours, ne serait-ce que des morts et des naissances dans le carnet du jour. Ces évènements sont très importants pour ceux qu’ils touchent de près, mais pour les autres ils relèvent de la banalité quotidienne. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil, dit Qohélet, dans ce monde où les jours et les générations se succèdent indéfiniment. Y a-t-il quelque chose dont on puisse dire que ce n’est jamais arrivé avant ? Non, ce sont toujours les mêmes histoires qui se répètent.

L’Ecclésiaste n’avait pas tort, d’ailleurs, c’est la parole de Dieu ! Mais depuis est arrivé « l’accomplissement du temps où Jésus allait être enlevé au ciel », selon l’expression du début de notre évangile d’aujourd’hui, c’est-à-dire le mystère pascal du Christ. « Le visage déterminé » traduit ce qui est littéralement : « il durcit sa face vers Jérusalem ». Cette expression évoque le passage de la Genèse où le Visiteur d’Abraham « durcit sa face contre la ville de Sodome » dont nous savons que bientôt « un feu du ciel » va la consumer en châtiment de ses péchés. La proposition de Jacques et Jean fait référence à ce précédent. Mais elle est devenue inopportune dès lors que le Fils de Dieu prend justement sur lui le châtiment des pécheurs.

L’Évangile d’aujourd’hui est déroutant, voire scandaleux. La raison en est sérieuse : au début de sa montée à Jérusalem, le Messie d’Israël précise quel type de rupture il va provoquer dans l’histoire de son peuple et de l’Alliance avec Dieu. Les rebuffades essuyées par trois prétendants à la suite du Christ soulignent trois aspects du bouleversement en cours.

Au premier, Jésus refuse la perspective d’une restauration royale en Israël puisque « le Fils de l’homme n’a pas où poser la tête », lui dont la royauté n’est pas de ce monde. Il ne faut plus regarder vers le bas où « les renards pont des terriers », ni vers le haut où « les oiseaux du ciel ont des nids », mais devant : vers les extrémités du monde et vers le Jour de la venue du seigneur dans la gloire. Quant aux sujets de ce nouveau royaume, ils ne peuvent être que des hommes nouveaux, passés de la mort à la vie, puisque Jésus est la résurrection et la vie, et que quiconque vit et croit en lui ne mourra jamais. C’est pourquoi le second - et c’est la phrase la plus choquante - doit « laisser les morts enterrer leurs morts ». Enfin, le troisième est invité à comprendre que sa « maison », sa famille, n’est désormais plus le seul peuple élu mais aussi toutes les nations auxquelles l’Alliance est maintenant ouverte.

Voilà donc la condition des disciples, de ceux qui suivent Jésus : par le baptême, ce sont des hommes passés par la mort avec le Christ et renés à la vie nouvelle en lui, des hommes nouveaux qui annoncent par leurs paroles, leurs actes et leur vie tout entière que le Seigneur ressuscité et enlevé au ciel envoie l’Esprit Saint afin de faire toutes choses nouvelles.