Dimanche 19 mai 2002 - Pentecôte

Quel pouvoir !

Actes 2,1-11 - 1 Corinthiens 12,3b-7.12-13 - Jean 20,19-23
dimanche 19 mai 2002.
 

Quel pouvoir !

Quel pouvoir ? L’enfant qui jouait court en pleurant vers une dame qui l’embrasse et lui parle, puis souffle doucement sur sa douleur : et le voilà qui repart de plus belle, joyeux et vivant mieux qu’avant. Quel est ce pouvoir immense de la dame, et d’où lui vient-il ?

Elle est sa mère, sans doute, ou bien elle en tient lieu. Quel pouvoir immense que celui de donner la vie : concevoir un être nouveau en son sein, le façonner en soi jusqu’à le mettre au monde, et le nourrir encore, veiller sur lui, être et demeurer bergère de cette vie qu’on a portée par amour !

Celle qui sait souffler sur la légère meurtrissure comme il faut, avec grâce et gentillesse, saura aussi bien saisir son enfant et l’emmener d’un bond à l’hôpital, le jour où ce sera nécessaire. Elle ne manquera pas non plus, en temps opportun, de donner la leçon grave et ferme de la réprobation du mal dont porte la tentation tout petit d’homme venant en ce monde, fût-il le plus charmant des enfants.

Qui a donné un tel pouvoir aux hommes, sinon celui qui modela l’homme avec la poussière tirée du sol et insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant ? Dieu fit l’homme à son image, il le fit capable de donner la vie ! Et qui dira comment Adam, fils de Dieu, en vint à tomber au pouvoir de la mort ? Mais le Puissant ne l’a pas abandonné : il le poursuivit de ses bienfaits et, lorsque les temps furent accomplis, il envoya son propre Fils pour racheter l’humanité perdue. Ressuscité, portant les plaies de sa passion comme le signe glorieux de sa victoire sur la croix, il souffla sur ses disciples en leur disant : Recevez l’Esprit Saint !

Ainsi le Fils fait une œuvre plus merveilleuse que celle de la première création : la vie qu’il donne a traversé la mort, elle est éternelle. L’Église est la nouvelle Ève, vivante de la vie même de Dieu et capable de donner cette vie. Comme le péché était le chiffre de la mort, le pardon est celui de la vie rendue, infiniment plus grande que celle qui fut perdue.

Il n’est qu’une porte pour recevoir ce don plus haut qu’aucun désir humain : l’humilité du repentir dans la foi au Fils de Dieu venu pour notre salut, et la joie d’accepter de lui le pardon et la guérison. Quiconque refuse ce chemin en se prétendant juste doit s’entendre signifier que son péché demeure. Si l’Église ne sait plus fermement rappeler cela, elle n’est pas capable non plus d’annoncer le salut : elle se croit vivante, mais elle est morte.

Mes frères, pourquoi sommes-nous sans vitalité, pleurant sans cesse une supposée splendeur du passé ? Courons sans plus tarder vers celui qui peut ranimer la vie qu’il nous a lui-même donnée : implorons-le d’envoyer à nouveau sur nous l’Esprit pour la rémission des péchés.

Prions-le de souffler là où cela nous fait mal, et son immense pouvoir nous rendra joyeux et vivants plus qu’auparavant.