Dimanche 1er décembre 2019 - Premier dimanche de l’Avent Année A - Entrée en catéchuménat de deux adultes : Danaé et Duygu

Qui veille à la porte ?

Isaïe 2,1-5 - Psaume 121,1-9 - Romains 13,11-14 - Matthieu 24,37-44
Sunday 1 December 2019.
 

Est-il assez clairvoyant et courageux, ce veilleur, pour empêcher l’intrus d’entrer et laisser passer le désiré ?

Le voleur, normalement, fait partie des indésirables. Pourtant, le Seigneur lui-même se désigne comme tel en sa venue à la fin des temps ! En outre, non seulement cette identification est choquante en soi, mais encore la comparaison avec le maître de maison qui doit veiller pour l’empêcher de percer le mur de sa maison semble nous recommander de faire de même afin de ne pas l’accueillir : c’est à n’y plus rien comprendre ! Pour voir plus clair, posons-nous trois questions : qui est dedans, qui est dehors et quelle est la maison.

Si la maison est le monde, le maître en était le Créateur, mais le mauvais y est entré par la faute de l’homme qui n’a pas veillé à garder la parole du Seigneur. C’est pourquoi Dieu s’est de quelque manière retiré de sa création afin de la laisser subsister en vue du salut. Pour y retourner sans forcer la liberté humaine, il a dû « ruser avec le malin ». C’est le thème des nuits du salut, déjà présent dans l’Écriture avant le Nouveau Testament (nuit de la Pâque, notamment, quand Israël sortit d’Égypte), et accompli dans la nuit de l’Incarnation (Noël) et celle de la Résurrection (Pâques). Ainsi, le Seigneur vient de nuit pour nous sauver, comme un voleur voulant dérober sa Création au mauvais qui s’en était emparé jusqu’à sembler y devenir le maître de maison, le « prince de ce monde ».

Si la maison est le cœur de l’homme, le scenario est semblable. Même libéré par le baptême, je ne cesse d’éprouver que le mal n’a pas tout à fait quitté les lieux : ce qui sort du plus intime de moi-même, ce sont souvent ces « mauvaises pensées qui rendent l’homme impur ». Leur céder, c’est laisser passer le malin qui n’attend que cela pour reprendre son empire sur mon âme, c’est ouvrir au voleur essayant de dérober à nouveau ce que le Seigneur a conquis par sa venue parmi nous. Comment lui résister ? Seul, je ne suis pas de taille à lutter. Mais si j’invoque « le plus fort », le Christ, et que je l’appelle à la rescousse, lui saura bien interdire l’accès du sanctuaire à l’intrus.

Dans la maison est le monde, le veilleur est l’Église, dénonçant le mal qui y règne sans condamner les hommes qui en sont victimes avant d’en devenir complice. Mais, sans le Christ et son Esprit, l’Église ne peut rien contre la puissance de l’ennemi. Quant à la maison de mon cœur, nous l’avons dit, j’en suis le veilleur en ma liberté, mais incapable d’en garantir l’intégrité sans le Seigneur avec la force qui le rend capable de tout maîtriser. Dans un cas comme dans l’autre, « si le Seigneur ne garde la ville, c’est en vain que veillent les gardes ».

Danaé et Duygu, chères amies, par votre entrée en catéchuménat vous êtes déjà accueillies dans l’Église, et c’est donc le Seigneur lui-même que vous laissez entrer dans votre maison intérieure : qu’il achève en vous ce qu’il a inauguré, que la grâce de ce commencement porte en vous jusqu’au bout tous ses fruits de salut. Et nous tous, sachons bien redoubler de conversion en ce temps de l’Avent pour mieux établir le Christ veilleur de nos âmes : qu’il discerne pour nous les pensées et les actes qui viennent de l’adversaire et que nous sachions coopérer avec l’Esprit Saint à son œuvre de salut inlassable en notre faveur.

C’est Jésus lui-même dont nous nous préparons à célébrer de nouveau la venue en notre chair la nuit de Noël et dont nous annonçons la venue dans la gloire à la fin des temps, c’est lui, le Désiré, qui veille à la porte de notre cœur sur tous nos chemins comme en l’Église au milieu du monde quand nous le laissons venir à nous pour l’Eucharistie en ce jour de grâce.