Dimanche 23 juin 2002 - Douzième dimanche

Leçon de déclarations.

Jérémie 20,10-13 - Romains 5,12-15 - Matthieu 10,26-33
dimanche 23 juin 2002.
 

Leçon de déclarations.

Ce qu’il faut dire, ce qu’il ne faut pas dire.

Commençons par ce qu’il ne faut pas dire :

Je t’aime tant que, si tu me trompais, cela ne me ferait rien du tout.

Convaincant ! Épatant, même : cela donne envie d’essayer tout de suite !

Ou encore :

Je t’aime tant que je vais te garder toute pour moi : désormais, tu ne verras plus personne d’autre.

Bonjour la vie !

Mais que faut-il dire, alors ? Eh bien voyons ce que nous enseigne à ce sujet l’Évangile.

Prenez garde à ne pas m’être infidèles, dit Jésus aux Apôtres, cela serait pour vous pire que la mort !

Et puis il prend l’exemple des moineaux. Mais que viennent faire ici ces oiseaux-là ?

Pas un seul d’entre eux, dit Jésus, ne tombe à terre sans votre Père. La traduction liturgique interprète : "sans que votre Père le veuille", mais, dans le grec, c’est simplement : "sans votre Père."

Il est le Seigneur des moineaux, ce Tout-Puissant dont Jésus est l’enfant, il a tout fait pour notre joie et notre action de grâce : oiseaux du ciel et bêtes de la mer, et tous les trésors des mondes. C’est pourquoi l’appel du Christ est une invitation au bonheur qui comporte et surpasse tout ce qu’on pourrait désirer.

Certes, à travers ce sourire tendre et rassurant du Dieu des petits oiseaux se profile aussi le mystère terrible de la croix puisqu’il est question de tomber en terre, comme le Fils de l’homme venu du ciel est allé jusqu’à la mort et la mise au tombeau.

De même que le Père n’abandonne jamais le Fils mais qu’il demeure uni à lui fidèlement jusque dans son épreuve la plus profonde, de même Jésus nous offre de lier notre sort au sien de sorte que nous partagions sa vie sans être jamais séparés de lui. Là est le bonheur suprême qu’il nous promet, pour le temps de la peine et pour celui de la gloire.

Craignons donc, frères, de ramener ce mystère d’alliance magnifique aux dimensions d’un petit humanisme de bons sentiments. Cessons, si jamais nous l’avons fait, de rabâcher que tout se ramène à la tolérance et qu’il suffit de déclarer que Dieu aime tout le monde de toute façon.

N’est chrétien que celui qui s’attache à Jésus par la grâce du baptême au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit de manière à témoigner de sa bouche et par toute sa vie qu’il est le Christ, l’unique sauveur de tous les hommes. Et ce témoignage brûlant d’amour ne doit rien craindre, pas même la mort.

Mais, s’il est absurde d’appeler chrétiennes des personnes ou des institutions qui ne manifestent aucune fidélité concrète à la personne de Jésus Christ, il ne faut pas pour autant tomber dans le piège d’une religion qui remplacerait la vie. L’enfermement dans la dévotion sans ouverture au monde n’est pas digne de l’amour du Fils de l’homme.

Écoutez celui qui nous fait sa déclaration du haut de ce trône inouï où il offre sa vie par amour pour nous : voulez-vous l’aimer en retour fidèlement jusqu’au bout pour partager ses souffrances et sa gloire, oui ou non ? Vous le savez, chaque communion eucharistique est pour celui qui la reçoit une réponse positive à cette question, ou bien elle n’est rien, voire pire que rien.

Peut-être n’osez-vous pas accepter une offre dont vous craignez de n’être pas dignes. Certes, vous ne l’êtes pas. Mais écoutez la leçon de sa déclaration miséricordieuse, lui qui est mort pour le pardon de vos péchés, et ne craignez plus de l’accueillir.

Que notre réponse d’amour soit adhésion de foi au Christ en sorte que nous lui soyons unis dans l’Église pour la vie éternelle.