Dimanche 30 juin 2002 - Treizième dimanche

Eurêka !

2 Rois 4,8-11.14-16 - Romains 6,3-4.8-11 - Matthieu 10,37-42
dimanche 30 juin 2002.
 

Eurêka !

Trouver la solution est toujours un bon moment, le vif plaisir d’avoir la clef qui va, mais après ? Après, ça dépend.

Si ce n’est qu’un petit jeu, lorsqu’on a réussi, il n’y a qu’à recommencer : "Le même joueur joue encore." C’est excitant un moment mais, à la fin, quand bien même on aurait beaucoup gagné, il ne reste qu’à constater qu’on a surtout perdu son temps.

En revanche, si la clef ouvre une porte et que la porte donne sur la liberté, ou bien si se découvre l’accès au lieu secret du trésor tant désiré, alors la joie de franchir le seuil n’est que le prélude au bonheur annoncé.

Voilà pourquoi celui qui aura trouvé sa vie la perdra, mais...

Ce n’est pas exactement ce que vous avez entendu. La traduction liturgique énonce : "Qui veut garder sa vie pour soi la perdra ; qui perdra sa vie à cause de moi la gardera." Mais le texte grec dit littéralement : "Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui l’aura perdue à cause de moi la trouvera." Trouver, c’est le verbe "éhuriskô", en grec, qui donne au parfait "èhurèka", j’ai trouvé, d’où eurêka en français.

Beaucoup de gens trouvent une raison principale de vivre, un motif pour se donner à fond : une cause politique ou syndicale, une recherche artistique ou scientifique, une carrière ou la perspective d’une postérité, une idée ou une personne, un homme ou une femme, un bien pour lequel on est disposé à sacrifier tout le reste. La vie n’a de goût pour de bon que lorsqu’on la donne ainsi jusqu’au bout, à corps et à cœur perdus. Qui ne connaît pas ce don de soi n’a encore rien compris à l’amour.

Mais après, que reste-t-il à l’homme en échange de sa vie, que récolte-t-il de toute la peine qu’il a prise et quel est le fruit du don qu’il a fait de soi ? Cette question n’a pas même réponse dans tous les cas, donc toutes les causes ne sont pas équivalentes.

Si c’est à cause de Jésus que vous perdez votre vie, si vous faites de lui le motif principal de votre existence et l’être auquel vous devez vous disposer à sacrifier tout le reste, alors, l’ayant perdue, vous la trouverez. Telle est donc la décision radicale que vous avez à prendre : choisir Jésus Christ et la vie éternelle, ou refuser l’un et l’autre.

Si Jésus est la vie que vous avez trouvée, alors votre vie est morte au péché et donnée à Dieu avec lui, lui qui s’est donné à fond jusqu’au bout, anéanti, "vidé de lui-même" comme il est écrit littéralement dans la lettre aux Philippiens, c’est pourquoi Dieu l’a ressuscité, en sorte qu’il est aussi la vie que vous trouverez quand vous l’aurez perdue avec lui.

Mais déjà la vie promise pour toujours est visible en ceux qui l’ont accueillie par la foi : ils sont les uns pour les autres, et pour quiconque les accueille en connaissance de cause, comme une eau fraîche qui fait revivre. Ainsi la décision pour la vie en Jésus Christ est contagieuse, elle se propage comme une bonne nouvelle de salut : nous avons trouvé celui qui nous était promis par les prophètes.

À vrai dire, ce n’est pas nous, c’est lui qui nous a trouvés :

Alléluia !