Dimanche 16 juin 2002 - Onzième dimanche

On s’occupe de vous ?

Exode 19,2-6 - Romains 5,6-11 - Matthieu 9,36-10,8
dimanche 16 juin 2002.
 

On s’occupe de vous ?

Le client qui attend désespérément d’être servi,

les enfants serrés l’un contre l’autre dont aucun adulte ne semble se soucier,

les patients échoués dans l’antichambre des urgences, effarés de se voir mutuellement si désemparés,

quel soulagement ils éprouvent, n’est-ce pas, quand enfin on s’approche d’eux ?

Eh bien pas forcément !

Pas le client incapable de se décider, enfermé dans sa prétendue liberté de choisir,

pas les enfants qui s’enfuient, craignant qu’on ne leur fasse du mal en disant que c’est du bien,

pas le malheureux relevé à demi mort de sa tentative de suicide et qui maudit ceux qui veulent le ramener à la vie.

Ainsi Israël n’a pas accueilli celui qui pouvait lui donner la paix.

Les foules comme des brebis sans berger qui inspirent à Jésus tant de pitié, c’est le peuple à qui Dieu avait dit : "Vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte."

Comment en sommes-nous arrivés là ? Dieu n’a-t-il pas dit : "Ouvre la bouche, moi je l’emplirai" ? Mais ils n’ont pas voulu se nourrir de la parole de vérité. Ils ont préféré suivre des dieux qui n’en sont pas plutôt que de se laisser chérir par le Très-Haut. Ils sont partis sur des chemins de mort, loin de celui qui pouvait leur donner la vie.

C’est pourquoi, lorsque les temps furent accomplis, Dieu leur a envoyé son propre Fils. Jésus, parfait serviteur du Père, est venu manifester à Israël et réaliser pour lui le règne de Dieu, comme l’avaient annoncé les prophètes. Les actes prodigieux que sont les guérisons, résurrections et exorcismes sont bien le signe prévu de l’intervention ultime du Tout-Puissant dans l’histoire du peuple choisi.

Pensez-vous que Jésus n’y a pas cru ? Bien sûr que si ! Il a espéré être entendu des siens, jusqu’au jour où il est entré dans Jérusalem, roi pacifique et monté sur un âne, acclamé par la foule des petits et des humbles. Il y a tellement cru qu’il a partagé sa propre mission avec les douze Apôtres, leur donnant pouvoir de faire les mêmes œuvres que lui en annonçant la même bonne nouvelle du Règne.

Or, vous le savez, le peuple de Dieu a mis le comble à son refus en livrant le Messie à la main des païens pour qu’il soit crucifié. Et voilà que cet échec inouï est devenu la plus grande victoire.

En effet, le péché d’Israël n’est autre que celui de l’homme, et de tout homme. Depuis la faute des origines, à cause de l’ennemi homicide et menteur, tous nous avons perdu la confiance en Dieu qui nous serait nécessaire pour accueillir son salut. Dieu n’a abandonné aucun homme, il est venu en aide à tous, pour nous garder en vie en vue du salut annoncé à Israël et accompli en Jésus Christ. C’est pourquoi la miséricorde faite à Israël par le sacrifice de la croix est offerte aussi à tous les hommes.

Dieu nous a tous réconciliés avec lui par la mort de son Fils, et il veut tous nous sauver, maintenant, par la vie du Christ ressuscité.

Croyez-vous cela ? Croyez-vous en Jésus Christ ?

Cette foi est la porte de la vie, maintenant, pour quiconque cherche la paix et le bonheur. C’est pourquoi, de même que le Père a donné à son Fils qui l’en priait les Apôtres qu’il lui fallait, Dieu donne aujourd’hui à son peuple, à la prière de son Église, les bergers qu’il lui faut en la personne des successeurs des Apôtres qui annoncent la foi en Jésus Christ. Cela seul est nécessaire.

Certes, le berger doit être d’abord brebis, disciple. Toujours plus ou moins indigne de la mission immense qui lui est confiée, il peut arriver qu’il le soit même très gravement. Mais il n’est pas du tout berger s’il n’annonce pas la foi. Et comment l’annoncerait-il s’il ne l’a pas reçue, ou s’il l’a oubliée ?

La Bonne Nouvelle que nous avons reçue gratuitement, nous vous la donnons de même. Si vous l’accueillez de notre bouche, ce n’est pas nous que vous recevez, mais celui en qui vous croyez.

Si, à ma voix, vous confessez maintenant la foi de tout votre cœur, c’est Dieu lui-même qui s’occupe de vous, pour vous nourrir, conduire et guérir, parce qu’il vous aime.