Dimanche 28 septembre 2003 - Vingt sixième dimanche

Si tu veux, tant mieux !

Nombres 11,25-29- Jacques 5,1-6- Marc 9,38-43.45.47-48
dimanche 28 septembre 2003.
 

Si tu veux, tant mieux !

Vous connaissez la chanson ? "Tu veux ou tu veux pas, si tu veux, tant mieux, si tu veux pas, tant pis, je n’en ferai pas une maladie."

Justement, en réalité, on en fait facilement une maladie, quand on veut et qu’on ne peut pas, ou quand on ne veut pas et qu’il faut quand même. D’autant plus que, bien souvent, on veut et on ne veut pas à la fois. C’est que le cœur de l’homme est compliqué et malade ! Et puis, surtout, avoir envie et vouloir, ce n’est pas la même chose. C’est si vrai qu’on est parfois tenté de renoncer à vouloir pour mieux pouvoir se laisser aller à ses envies.

Ou encore, certains aimeraient connaître la volonté de Dieu sur eux-mêmes clairement une bonne fois pour toutes afin de pouvoir s’y conformer simplement en laissant tomber leur volonté propre : quel soulagement ce serait ! Mais quelle erreur !

Comment cela, quelle erreur, direz-vous : n’est-ce pas écrit dans l’Évangile ? Jésus lui-même ne dit-il pas : "Père, non pas ma volonté mais la tienne" ?

Précisément, il s’agit de l’agonie au Jardin des Oliviers la veille de la Passion, c’est-à-dire du point extrême de la crise de la Croix. Jésus est Dieu et homme, il a deux volontés : une volonté divine et une volonté humaine. Or, les deux veulent bien sûr toujours la même chose, car Jésus n’est pas divisé en lui-même, et il ne veut tout entier que ce que veut le Père, car le Père et lui sont un. Donc, si Jésus va jusqu’à l’angoisse extrême de ne plus savoir clairement quelle est la volonté du Père, c’est parce qu’il est descendu dans notre "enfer" pour nous en délivrer. En effet, c’est notre péché et notre misère de ne plus vouloir ce que Dieu veut. Voilà pourquoi nous sommes divisés en nous-mêmes et entre nous.

Si le Fils de Dieu s’est offert en sacrifice, c’est pour nous sauver, pas pour nous détruire. Il ne veut donc pas l’anéantissement de notre volonté, ce qui ferait de nous des zombies, mais que nous voulions de nouveau comme lui ce que Dieu veut, ce qui fait de nous des fils de Dieu.

D’ailleurs, vous l’avez entendu dimanche dernier, c’est encore dans notre oreille, juste avant le passage d’aujourd’hui Jésus dit : Si quelqu’un VEUT être le premier, qu’il se fasse le dernier et le serviteur de tous. Et il dit aussi ailleurs : si quelqu’un VEUT venir à ma suite, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.

Certes, cette suite du Christ est un chemin d’obéissance, de pauvreté et de sacrifice. Pas question de "s’emparer de lui", comme Jean en est tenté, après Simon-Pierre, dans sa crise d’autorité jalouse envers ceux qui "ne nous suivent pas". Le Christ est seul Maître et Seigneur, et il déborde toujours la communauté de ses disciples à laquelle il demeure pourtant fidèlement présent.

Pas question non plus d’amasser puissance et richesses : les disciples doivent rester dépendants de quiconque voudra bien leur donner un verre d’eau au nom de leur appartenance au Christ.

Enfin, sur ce chemin, aucun sacrifice n’est à exclure d’avance : les disciples devront sans doute consentir à des renoncements aussi coûteux et douloureux que s’il leur fallait se couper main ou pied, ou s’arracher un œil. Et cela est vrai aussi bien pour chacun que pour la communauté entière.

Mais, je vous le redis, parce que c’est lui qui nous le dit, ce chemin est celui non de notre destruction mais de notre édification et de notre guérison.

Voulez-vous suivre le Christ dans le renoncement, la pauvreté et l’obéissance parce que vous croyez que c’est le chemin véritable de notre joie et de notre liberté ?

Si vous le voulez, à la bonne heure !