Samedi 2 novembre 2002 - Prière pour les défunts

Vous faites des provisions.

Isaïe 25,6a.7-9 - 1Corinthiens 15,12.16-20 - Jean 6,51-58
samedi 2 novembre 2002.
 

Vous faites des provisions.

Ne dites pas le contraire, tout le monde en fait. D’ailleurs, le samedi, les courses au supermarché, ou ailleurs, sont l’occupation principale des Français, c’est bien connu.

En particulier, tout le monde fait des provisions de nourriture. Certes, les personnes qui ont connu les privations seront les premières à se ruer sur les aliments de base pour les stocker, en cas de crise. Mais je peux vous assurer que les jeunes qui n’ont connu que l’abondance se sont pas en reste : il faut les voir tomber sur les friandises gratuites, à l’occasion de telle ou telle fête ou promotion, et s’en bourrer poches et sacs frénétiquement.

Manger, d’ailleurs, est aussi faire des provisions : les calories et vitamines absorbées maintenant seront les ressources des heures à venir. En fait, manger est à la fois vivre et faire provision de vie. C’est pourquoi l’on appelle "vivres" les denrées embarquées en vue du voyage.

Ce qu’est la nourriture d’ici-bas pour la vie d’ici-bas, le pain vivant venu du ciel l’est pour la vie éternelle : qui en mange maintenant en vit maintenant et en vivra pour toujours.

Vivre de la vraie nourriture qu’est Jésus, c’est écouter sa parole et la mettre en pratique tous les jours. Celui qui agit ainsi vit dès ce temps de la vie de Dieu et fait des provisions de vie éternelle.

Frères, nous ne sommes pas de ceux qui, n’ayant pas d’espérance, trouvent maigre consolation à la mort dans les ruminations de pensées sur la survie de l’âme. Nous attendons la résurrection de la chair, nous, et ne perdons pas le temps de vivre maintenant dans l’ivresse triste de rêveries fumeuses. Nous vivons pour faire des provisions de vie éternelle.

Et, quand nous faisons mémoire de nos morts, défunts regrettés, chers disparus, amis à jamais de nos âmes, nous pleurons, certes, car ils nous manquent aujourd’hui. Mais nous les confions de nouveau à Dieu, nous les laissons aller à lui, nous les déposons dans le corps du Seigneur au tombeau.

Savez-vous que, dans les premiers siècles, l’autel de l’Eucharistie figurait le tombeau du Seigneur ? Sur lui nous partagions son repas, sur lui en qui s’étaient endormis les fidèles défunts comme une provision de vie éternelle, jusqu’au jour où, lui qui est ressuscité, il viendra tous nous chercher pour nous prendre avec lui dans la gloire.