Dimanche 3 novembre 2002 - Trente-et-unième dimanche

Quel est votre avis ?

Malachie 1,14 à 2,10 - 1Thessaloniciens 2,7-9.13 - Matthieu 23,1-12
dimanche 3 novembre 2002.
 

Quel est votre avis ?

Que vaut-il mieux, un médecin sympa, drôle et sans prétention mais qui n’y connaît rien, ou bien un ponte hautain et dédaigneux, mais qui vous traitera d’une main sûre et efficace ?

Quand l’affaire est sérieuse, les bons sentiments ne sauraient remplacer la compétence. Il y faut du jugement et de la décision, ce qui suppose des connaissances, de l’expérience et du caractère.

Évidemment, les autorités éprouvées en matières essentielles sont rares, recherchées et respectées, ce qui les expose à la tentation de se gonfler d’importance.

Les scribes et les pharisiens dont parle Jésus sont sérieusement compétents, puisqu’il dit à tous de se conduire selon leur enseignement. D’ailleurs, cette appréciation positive du Seigneur est d’autant plus surprenante qu’il s’agit de ses adversaires les plus tenaces et les plus résolus, acharnés à le piéger pour pouvoir l’éliminer comme nous l’avons entendu depuis plusieurs dimanches.

Mais nous avons aussi pu constater, par la même occasion, que ces adversaires étaient suffisamment qualifiés pour apprécier à leur juste valeur les parades de celui qu’ils affrontaient, au point d’en rester parfois stupéfaits et sans voix. Le grand étonnement demeure donc celui-ci : comment ces hommes si bien versés dans les Écritures, si entraînés à l’étude de la parole de Dieu, ont-ils pu rejeter le Messie qu’ils avaient pourtant les moyens de reconnaître ?

En tout cas, c’est ainsi qu’il faut comprendre le jugement terrible du Seigneur sur eux, "ils disent et ne font pas" : ils énoncent correctement la Parole, mais ils ne l’écoutent pas, ils ne se convertissent pas à l’annonce du salut.

Jésus, au contraire, est celui qui écoute toujours le Père afin de faire sa volonté. Il ne s’attribue rien à lui-même en propre, mais il rend grâce, en tout ce qui lui est donné, à la source d’où provient tout ce qui est bon. Jésus est parfaitement fils et serviteur du Père, et lorsque nous l’adorons, l’appelant Dieu et Seigneur, c’est encore en lui le Père tout puissant et maître de toute chose que nous adorons et reconnaissons comme Seigneur et Dieu.

C’est à la lumière de la personne du Christ que nous devons comprendre l’évangile d ’aujourd’hui, comme toujours. Dans la foi, si nous disons à quelqu’un "père", c’est en reconnaissant en lui Celui qui est Père et source de toute paternité, en lui adressant notre adoration et notre action de grâce, lui qui, dans son immense bonté, donne aux hommes ce qui lui appartient en propre.

Et si nous pouvons le faire, c’est parce que depuis le temps où Jésus adressait aux hommes les avertissements que nous entendons aujourd’hui, il est mort et ressuscité. Car lui-même ne fut pas seulement un rabbi parmi les autres, savant et expérimenté comme les scribes et les pharisiens, et mieux qu’eux, mais il fut aussi l’homme parfaitement accordé aux vouloirs du Père, jusqu’à mourir sur la croix pour accomplir son dessein d’amour.

Lui seul était le médecin capable de nous guérir de notre plus grand mal, le péché, qui est incrédulité et révolte contre Dieu. Pour cela, il lui fallait et une parfaite compétence, et le plus grand amour. Et maintenant, élevé à la droite du Père, doté du nom qui est au-dessus de tout nom, il donne à des hommes de parler et d’agir "en sa personne", c’est pourquoi nous pouvons leur dire "Maître", en hommage à lui seul.

Quel est votre avis ?

Vaut-il mieux se vautrer dans les satisfactions ténébreuses et égoïstes du pouvoir et de la domination, ou, ce qui revient au même par effet de miroir, de la flatterie et de l’adulation, ou bien partager la joie claire, lumineuse et éternelle d’être ensemble enfants du même Père céleste dans l’unique Christ et Seigneur de nos âmes ?