Dimanche 2 novembre 2003 - Prière pour les défunts

Il n’y a plus de lampyres.

Isaïe 25,6a.7-9 - Colossiens 3,1-4 - Jean 3,16-17
dimanche 2 novembre 2003.
 

Il n’y a plus de lampyres.

La petite lumière pourrait-elle chasser la grande ?

Les lampyres, plus communément appelés "vers luisants", disparaissent à mesure que s’étend l’éclairage public.

Avec les lucioles et les feux follets, ils peuplaient les nuits noires de nos ancêtres qui croyaient y voir les âmes de morts sans repos.

Comme les lampadaires ont fait reculer l’insécurité dans les villes, la lumière de la raison a repoussé les fantasmes et les fantômes nés de notre imagination tourmentée par la peur de la mort et la culpabilité.

Et que dit la raison au sujet des morts ?

Qu’il faudrait bien qu’ils soient jugés de façon juste, que les méchants soient punis pour leur méchanceté et les bons récompensés de leur bonté.

La raison n’a pas attendu l’électricité pour le dire : toutes les civilisations et cultures l’ont pensé et écrit.

L’Écriture sainte assume cette vue des choses : rappelez-vous les représentations terrifiantes du jugement dernier, inspirées de Matthieu 25, sur tant de murs d’églises et de chapelles.

Mais la terreur est-elle le dernier mot de l’évangile ?

Non, le dernier mot est là, sur la croix. Il est de grâce et d’amour fou.

Vous l’avez entendu : "Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils... Celui qui croit en lui échappe au jugement..."

Pour ceux qui le croient, il n’y a plus de jugement, mais une purification : l’ombre de la croix fait reculer en nos cœurs les ténèbres du péché, l’emprise du mal. Cette œuvre de libération, qui demande du temps, des efforts et des renoncements, s’accomplit progressivement en cette vie, et au-delà si nécessaire. Heureusement.

Certes, le purgatoire n’a aucun sens pour qui n’a jamais éprouvé en lui-même la nécessité et le bonheur d’être sanctifié par la puissance de l’Esprit Saint qui purifie et transforme l’être intérieur.

Bien sûr, l’intercession pour les âmes du purgatoire est incompréhensible pour qui n’a pas fait l’expérience bienfaisante d’une communauté de foi et de prière où l’on s’aide efficacement les uns les autres à progresser en sainteté.

Mais, bien entendu, le purgatoire fait partie de la Bonne Nouvelle du salut :

Que cette vacillante lueur de Pâques, célébrée chaque dimanche, est plus puissante et clairvoyante que l’éclat froid de la raison qui voudrait éclairer tout mystère, mais qui ne le peut pas.

Que la petite flamme de la grâce, dans sa fragilité d’enfant, est plus pure et plus juste que la clarté cruelle d’une justice qui voudrait régler tout compte, mais qui ne le peut pas.

Allons, laissons-nous sanctifier dans cette Eucharistie, nous et nos chers défunts pour qui nous prions avec ardeur.

Pour ceux qui accueillent le don de Dieu, il n’y a plus ni terreur ni désespoir, mais l’immense consolation d’une grande confiance en la miséricorde de celui qui a donné son Fils jusqu’à la mort pour que nous vivions de sa Vie.