Dimanche 7 décembre 1997 - 2ème dimanche de l’Avent

Elle cherche une belle-mère

Baruch 5,1-9 ; Philippiens 1,4-6.8-11 ; Luc 3,1-6
dimanche 7 décembre 1997.
 

Cette expression de jadis, assez désagréable au demeurant, s’appliquait à une jeune fille qui se mettait à s’habiller de manière provocante, pour attirer le regard des hommes : elle voulait sans doute trouver un mari, et donc, une belle-mère. L’expression soulignait à la fois le côté agressif, ou offensif, de l’attitude, et le calcul qu’elle dissimulait. Il est légitime pour une jeune fille, au demeurant, de s’habiller avec soin, de chercher à être séduisante. D’ailleurs, lorsqu’une demoiselle habituellement peu soucieuse de son apparence devenait coquette, on disait : "Il doit y avoir quelqu’un." L’on subodorait que quelque jeune homme, quelque part, ne lui était pas indifférent. Et tout le monde en était plutôt content, en particulier ses parents. "Jérusalem, quitte ta robe de tristesse, habille-toi de gloire !" Il faut te faire belle, parce qu’il y a quelqu’un qui vient. Le prophète Baruch annonce la fin des malheurs, la fin de l’abandon, pour Jérusalem personnifiée : voici la venue de l’époux, voici le retour des fils rassemblés ! Tout le bonheur est annoncé.

Aujourd’hui l’on entend souvent dire : "Il y a des gens qui cherchent Dieu et ne le trouvent pas." Eh bien, ceux-là, je pense qu’ils sont comme celles qui cherchent une belle-mère, et qu’ils feraient mieux d’être comme celles pour qui "il y a quelqu’un".

Ce qui est sûr c’est que Dieu vient à nous : nous n’avons pas besoin d’aller le chercher, il vient. Nous avons seulement à le laisser venir, à l’accueillir. C’est ce que signifie le temps de l’Avent. "Avent", cela veut dire "venue". Dieu vient. Il n’est que de le laisser venir. Mais pour l’accueillir, il va falloir nous défaire de nos attachements aux réalités de ce monde, qui sont comme des trous sur le chemin de Dieu. Nous détacher des séductions de la terre, qui sont comme les ravins sur la route. Ce qui nous rend creux et vides en nous-mêmes, il faut y renoncer pour accueillir celui qui vient combler le désir profond de tout notre être. Cela veut dire qu’il faut nous convertir.

Et notre orgueil, notre amour-propre, est comme un mur dressé sur le chemin de Dieu, comme ces collines qu’il faut abaisser. Si nous croyons qu’il y a quelqu’un qui vient nous chercher parce qu’il nous aime, faisons-nous aimables. Ainsi nous serons trouvés par le Christ Jésus, le bon pasteur, et en lui nous irons vers le Père.