Dimanche 23 novembre 1997 - Christ Roi de l’Univers

Vive qui ? Vive le roi !

Daniel 7,13-14 ; Apocalypse 1,5-8 ; Jean 18,33-37
dimanche 23 novembre 1997.
 

Pourquoi "Vive" ? Puisqu’il s’agit d’une acclamation, ne devrait-on pas dire plutôt "Bravo !" ? Mais, "Bravo le roi !", cela ne va pas bien. En fait, "Vive !" est le cri élémentaire de l’amour ; l’amour qui fait dire aux parents de tout leur coeur : "Vis, mon enfant !"

Mais pourquoi l’acclamation du roi est-elle un cri d’amour ? Parce que l’agir propre du roi, c’est de vouloir, et de vouloir bien ; c’est pourquoi l’on dit "le bon plaisir du roi". Voilà qui est précieux, quelqu’un dont la volonté est sûrement bonne : il suffit de lui obéir pour bien faire ! Car, dans ce monde plein d’obscurité et de pièges, pas seulement à l’extérieur, d’ailleurs, puisque le coeur de l’homme est compliqué et malade, on a grand besoin de discerner le bien. C’est la vérité qui discerne le bien dans la ténèbre des erreurs et des mensonges. C’est pourquoi le roi est aussi l’homme de la vérité.

Alors on a bien raison de le faire beau, de lui mettre une couronne d’or et un manteau superbe : parce que la beauté est la splendeur de la vérité. Voilà le roi qu’on aime. Le roi dont la splendeur exprime la vérité qui lui donne de dire avec assurance le bien qui fait vivre. Les enfants ne comprennent peut-être pas ces abstractions, ces jeux de transcendantaux, mais ils vont spontanément vers lui, et ils ont tout compris quand ils crient : "Vive le roi !"

Ils aiment le roi, les enfants, parce qu’ils savent que le roi les aime. Ils savent que le roi dit à tous, et surtout aux enfants, et surtout aux petits, que le roi dit à chacun : "Vis, mon enfant ; et vis bien !" Ah, c’est bon d’avoir un roi. Mais, dites-moi, hélas, nous n’avons plus de roi ?

Mais si ! nous en avons un : c’est le Christ. C’est la fête d’aujourd’hui : le Christ Roi de l’Univers. Il n’est pas seulement, en effet, notre roi : il est le roi de tout et de tous il est le roi de l’univers.

Attention : si vous dites que Jésus est votre roi mais pas celui des autres, vous n’êtes pas catholiques. Et si vous enseignez l’accueil de tous, fût-ce au nom de Jésus, sans annoncer la royauté de Jésus Christ, votre enseignement n’est pas chrétien. De ceux qui le reconnaissent et de ceux qui ne le reconnaissent pas, il est le roi : c’est le sens de l’évangile aujourd’hui. Pilate détient l’équivalent du pouvoir royal, et Jésus est devant lui comme un misérable accusé. Jésus va-t-il se moquer de Pilate ? Pas du tout. Jésus humilié, battu, sur le point de mourir n’a qu’une préoccupation devant celui qui le menace injustement : l’appeler à la vérité. Parce qu’il est aussi le roi de Pilate, et qu’il veut pour lui la vie, la vraie, comme pour tout enfant des hommes, puisqu’il est venu les racheter tous.

Dans la suite de notre passage évangélique, Pilate demande : "Qu’est-ce que la vérité ?" Puis il sort et déclare au peuple : "Je ne trouve en cet homme aucun motif d’accusation." Par cette parole, il rend témoignage à la vérité, comme Jésus l’y a appelé. Mais son témoignage n’ira pas jusqu’au bout. Ainsi Jésus s’adresse à Pilate comme à tout homme auquel parvient sa parole : sans s’imposer de force, mais en l’invitant à reconnaître la vérité qui indique le chemin du bien, pour la vie éternelle.

Ecoutez maintenant, écoutez à chaque instant votre roi qui dit à chacun : "Vis donc, et vis bien !" Demandez lui en toute occasion : "Seigneur, comment veux-tu que je vive ce moment qui vient ?" Jamais il n’a laissé, jamais il ne laissera une telle question sans réponse ; qui prétend le contraire ne le connaît pas. Vive le roi ! Vivent à jamais ceux qui font la volonté du Roi.