Dimanche 27 novembre 1994 - Premier dimanche de l’Avent

Vous êtes gentils : vous ne me faites pas de grimaces.

Jérémie 33,4-16 ; 1 Thessaloniciens 3,12 à 4,2 ; Luc 21,25-28.34-36
mercredi 27 novembre 1996.
 

Vous êtes gentils : vous ne me faites pas de grimaces. Ou très peu. Il paraît que, dans la profession de présentateur à la télévision, c’est une tradition de faire des grimaces à celui qui passe à l’antenne, pour le distraire et le troubler. En principe, c’est un jeu, destiné à entraîner l’intéressé à rester concentré. Mais cela peut être fait sans bienveillance. Ainsi, s’il arrive que la vie vous fasse la grimace, je vous prie de considérer que c’est pour vous distraire et vous troubler. Qu’il s’agisse d’épreuves bénignes ou bien de véritables "trucs du diable", sachez que si vous ne laissez pas détourner votre âme du Seigneur, vous avez remporté la victoire.

Donc, lorsque vous êtes affligé parce que vous avez subi une perte, parce que vous n’avez pas été traité avec les égards qui vous sont dus, parce que vous n’avez pas obtenu la place que vous espériez ou pour tout autre désagrément, dites-vous que ce qui fait votre chagrin n’est rien en regard de la venue du Seigneur. Et que, en revanche, si vous ne vous êtes pas laissé troubler, vous avez acquis un trésor. Conservez, dans le chagrin, le secret de la joie.

Quelqu’un me dira : il n’y a pas que nos états d’âme, il y a aussi que le monde est objectivement plein de malheurs, d’injustices et de souffrances. Certes ; mais là encore je vous invite à penser d’abord à vous-même. Curieux conseil, pour le temps de l’Avent ? Pourtant, je vous le demande, vous qui dites que le monde ne va pas, faites-vous ce que vous devez ? Il est facile et agréable de clamer : "Ceci ne va pas, et cela non plus. On ne fait pas ce qu’il faudrait, et d’ailleurs moi le premier !"

Si vous êtes le premier à ne pas faire ce que vous devriez faire, taisez-vous. Et allez apprendre à faire ce que vous devez. Et puis revenez, alors, nous tenir vos discours. Peut-être que le monde n’aura pas beaucoup changé dans l’intervalle. Mais vous, vous serez autre. Car nul ne peut faire ce qu’il faut sans l’Esprit Saint. Et cet Esprit que vous aurez accueilli changera votre regard sur le monde : vous connaîtrez la joie de voir le Seigneur qui vient.

Le temps de l’Avent est pour que les chrétiens laissent l’Esprit transformer leur coeur.

Devenons ainsi le visage même de la joie du Seigneur venu chercher les hommes en peine pour les sauver. Au lieu d’ajouter notre grimace à celle du monde, quelle que soit la part de souffrance que nous devons y prendre, nous lui annoncerons le bonheur qui vient.