Dimanche 9 février 2003 - Cinquième Dimanche

Il faut bien que jeunesse se passe

Job 7,1-4.6-7 - 1 Corinthiens 9,16-19.22-23 - Marc 1,29-39
dimanche 9 février 2003.
 

Il faut bien que jeunesse se passe.

Eh oui ! La jeunesse est folle et pleine de contradictions. En effet, comment est "le jeune" ?

Le jeune est :
-  fantaisiste et influençable,
-  égoïste et généreux,
-  timide et téméraire,
-  plein de vie et trompe-la-mort,
-  brutal et sentimental,
-  provocant et pudique,
-  inconstant et obstiné.

Pourquoi ? Parce qu’il se cherche.

Alors il essaie, il s’essaie.

Il tâte, il tente, il teste.

Ce n’est pas un jeu stupide, c’est une nécessité vitale : il s’agit pour lui de savoir qui il est et ce qu’il doit faire. Cette quête et grave et mérite toute notre sollicitude. D’autant qu’elle peut tourner court, ou tourner mal.

Est-ce que Jésus est un jeune ?

Déjà, il a des copains et il bouge : aujourd’hui, avec Jacques et Jean, ils vont chez Simon et André. Et demain, ils iront ailleurs.

Mais, surtout, il se cherche.

Après des années d’enfance et de jeunesse obscures et tranquilles, sans doute, le voilà lancé dans la vie publique, et tout devient urgent et précipité.

Il est parti avec une mission, reçue lors de son baptême par Jean et vérifiée dans la solitude du désert : annoncer la Bonne Nouvelle de Dieu.

Or, voilà qu’à cette annonce les esprits mauvais se démasquent et s’enfuient, tandis que les malades viennent à lui pour être guéris. Ces événements, auxquels il se prête par bonté, par amour pour nous, sont pourtant une surprise et une gêne pour lui, puisqu’ils vont pousser les hommes à le retenir. Aussi, lorsque Simon et se compagnons le rattrapent au désert pour lui dire que "tout le monde le cherche", il répond que, justement, il doit poursuivre son chemin pour aller annoncer la nouvelle plus loin sur la terre.

Jésus n’agit pas par fantaisie ni au hasard. Attentif et disponible à ce qui lui arrive, il prend aussi le temps de la solitude. En effet, par les événements comme dans la prière, c’est son Père qui lui parle et lui révèle ses volontés. Ainsi, poussé par l’Esprit, il trouve et découvre pas après pas le chemin qu’il lui faut parcourir. C’est pour lui une nécessité, celle de son être même de Fils bien-aimé de Dieu.

Pour l’heure, le lien n’est pas évident entre la prédication de l’Évangile et les guérisons que Jésus accomplit lorsqu’elles lui sont demandées. Mais, plus tard, les choses s’éclairciront. Et nous savons qu’à la fin, lorsque son chemin semblera tourner mal et tourner court, alors ce sera pour lui le témoignage suprême de l’amour et de l’obéissance, la réalisation en plénitude du dessein de salut de Dieu.

Si le Christ a choisi de connaître la dépendance quotidienne, dans la prière et la charité, pour trouver les chemins de la volonté de son Père, comment voudrions-nous qu’il en soit autrement pour nous-mêmes ?

Quelle que soit notre existence, nous devons la recevoir, comme lui, de la main de Dieu, cherchant jour après jour dans la prière et l’action de grâce, dans l’obéissance et la liberté, à faire ce qu’il faut, à vivre ce que nous devons.

Chrétiens, parce que nous savons que tout être a un sens et une valeur dans le Christ, parce que nous connaissons celui qui est le chemin et le but, nous devons être les premiers dans le témoignage de la disponibilité à la vie, en toutes circonstances et jusqu’au bout.

Ne faut-il pas que nous passions, avec le monde entier en Jésus Christ, à notre jeunesse éternelle ?