1er novembre 2000 - Toussaint

Dieu sait que cela peut être désagréable !

Apocalypse 7,2-4.9-14 - 1Jean 3,1-3 - Matthieu 5,1-12a
mercredi 1er novembre 2000.
 

Dieu sait que cela peut être désagréable !

Une file d’attente, interminable, qui n’avance pas, où même on recule parce que des nouveaux venus, par priorité ou par passe-droit, doublent tout le monde, au point qu’on éprouve toutes sortes de tentations d’exaspération, d’agressivité, de découragement ou de résignation : quel mauvais moment !

Pourtant, si vous savez que cette file est la bonne et qu’il vous suffit de patienter aussi longtemps que nécessaire pour être sûr d’obtenir parfaite satisfaction en une affaire capitale pour vous, cette pensée vous réconforte et vous permet de tenir bravement votre place de malheur.

Bien plus, voilà que, soudain, votre voisin se tourne vers vous et, oh stupeur, c’est un ami très cher que vous n’aviez pas vu depuis longtemps ! Tout change alors pour vous : le bonheur de se voir et de se parler envahit l’espace de l’instant, dissipant peine et rancœur comme une vapeur disparaît dans un ciel clair.

C’est ainsi que Jésus vient au secours de tous les éprouvés de la terre.

À tous ceux qui peinent et manquent du nécessaire en cette vie, pauvres, faibles, meurtris et frustrés par le deuil et l’injustice, Jésus se présente comme un semblable souffrant en qui se lit la certitude du salut à venir : il a pris sur lui nos douleurs afin de nous prendre avec lui dans sa gloire.

À tous ceux qui choisissent de ne pas céder à la tentation du mal, miséricordieux, purs et pacifiques, Jésus dit que leur sacrifice est agréé : le monde a beau dire qu’ils sont bien bêtes de ne pas en profiter, leur peine ne sera pas perdue, ils seront couronnés bientôt.

À ceux que leur fidélité au bien conduit à endurer d’autant plus l’hostilité du monde pécheur, Jésus s’adresse en ami tout proche : persécutés à cause de lui, ils sont corps à corps avec lui dans l’amour et l’accomplissement de la volonté du Père.

Mes amis, quand le poids de peine se fait trop lourd, surtout alors, tournons-nous vers celui qui a souffert pour nous.

Si une épreuve nouvelle ou plus dure nous fait gémir et déborder d’amertume, songeons que, connaître la pauvreté, c’est aussi connaître le Christ. Demandons la grâce de cette découverte au cœur du dépouillement de nous-mêmes : elle ne nous sera pas refusée.

Car Dieu sait que cela peut être difficile et pénible de vivre selon l’Évangile de son Fils ; c’est pourquoi il l’a envoyé dans le monde afin que les malheureux connaissent le bonheur.