5 novembre 2000 - 31e Dimanche

Qu’est-ce que vous cherchez ?

Deutéronome 6,2-6 - Hébreux 7,23-28 - Marc 12,28-34
dimanche 5 novembre 2000.
 

Qu’est-ce que vous cherchez ?

Rien ? Mais si ! Je vais vous dire, moi, ce que vous cherchez : vous cherchez à être aimés. Tous, nous voulons être aimés.

Les enfants veulent être aimés de leurs parents et de leurs éducateurs, c’est pour cela qu’ils obéissent, quelquefois, et qu’ils jalousent les chouchous. Et les adolescents, que ne font-ils pas pour plaire, ou pour s’assurer qu’ils peuvent plaire ! Quant aux adultes, ceux qui ont un pouvoir désirent par-dessus tout la reconnaissance de ceux sur qui ils l’exercent : ils veulent qu’on les aime. Voyez les gouvernants qui feraient parfois n’importe quoi pour se concilier la faveur populaire.

Pourtant, les puissants se rendent souvent odieux, n’est-ce pas ? Alors, quand ils voient que décidément on ne les aime pas, ils disent : oderint dum metuant, ce qui signifie "qu’ils (me) haïssent, pourvu qu’ils (me) craignent". Au fond, c’est pareil pour les jeunes qui cassent : faute de se faire aimer, ils se font craindre. Et les enfants terribles, c’est la même chose !

En somme, tous, d’une manière ou d’une autre, nous disons : aime-moi ou je te pourris la vie. Je ne vois là que chantage et terrorisme, ce n’est pas de l’amour. Alors, je vous le demande, qui aime, finalement, dans cette histoire où tout le monde veut férocement être aimé ? L’amour ne serait-il qu’une vaste arnaque ? Comme Diogène cherchait un homme, je cherche quelqu’un qui aime.

Notre malheur, en vérité, n’est pas de ne pas être aimé, c’est de ne pas aimer. L’enfer, c’est de ne pas aimer. Le péché nous en empêche de toutes ses forces, hélas.

C’est pourquoi Dieu dit : "Écoute, Israël, tu aimeras !" Ce futur est une promesse. On le prend toujours comme un commandement, on lui donne tout de suite valeur d’impératif. Mais c’est d’abord la promesse merveilleuse qui contient toutes les autres : tu seras consolé, tu obtiendras justice et miséricorde, tu verras Dieu. Bref, tu seras sauvé.

Écoute, toi qui es là devant Dieu, et tu aimeras. Écoute, c’est-à-dire obéis aux commandements que je te donne, et tu apprendras à aimer. Sois patient, laisse-toi former et éduquer aussi longtemps que nécessaire, jusqu’au jour où tu verras le salut.

Israël a dû apprendre l’obéissance pendant des siècles et des siècles ; l’obéissance et la désobéissance, c’est-à-dire l’expérience de la profondeur du péché de l’homme, qui n’est autre que le refus absolu d’aimer, installé comme une bête féroce au cœur de notre cœur, et qu’il est impossible à l’homme de chasser par lui-même.

Jusqu’au jour et à l’heure de celui qui dit à ses assaillants :"Qui cherchez-vous ?" C’était la veille de sa passion. Et ils l’ont suspendu au bois, lui qui connaît Dieu parce qu’il est né de Dieu.

Nous cherchions celui qui aime ? Le voilà.

Il nous a trouvés, grâce à Dieu.