19 novembre 2000 - 33e Dimanche

Quel temps fait-il, chez vous ?

Daniel 12,1-3 - Hébreux 10,11-14.18 - Marc 13,24-32
dimanche 19 novembre 2000.
 

Quel temps fait-il, chez vous ?

Le même que chez moi, sans doute, puisque nous sommes au même endroit ? Ce n’est pas si sûr.

Sur la mer, par exemple, l’un appellera temps magnifique ce que l’autre ressentira comme une véritable tempête. Tout dépend des capacités, de l’histoire et de l’humeur de chacun.

Entre celui qui se trouve bien installé en haut de la réalité et l’autre qui gémit à la cave, quelle rencontre peut-il y avoir, sinon un dialogue de sourds ?

Celui sur qui les malheurs pleuvent tandis que le plafond de sa vie s’écroule, celui-là s’effrite et se délite. Pour l’autre, à qui tout sourit, la tentation est grande de se durcir d’autant plus qu’il se sent invulnérable.

C’est pourquoi, justement, la parole que nous venons d’entendre s’adresse à l’un et à l’autre, maintenant.

Quiconque est vraiment dans la détresse voit son monde s’effondrer. L’enfant vers qui son père et sa mère tourneraient soudain un visage de haine serait plus effrayé que si le soleil et la lune s’éteignaient pour lui. L’homme abandonné par ses amis est comme privé d’étoiles, et celui dont le chef bien aimé a trahi et bafoué la fidélité ne sait plus à quel ciel se vouer.

Regardez cette voûte : si elle s’écroulait maintenant, ne verrions-nous pas apparaître le ciel ? Et si le ciel lui-même se déchirait ensuite, que croyez-vous qui se révélerait plus haut que lui ?

De même, si nous vivons notre temps d’épreuve dans la prière ardente, il sera pour nous l’occasion d’un dévoilement nouveau du Christ.

Et si nous sommes dans la prospérité, gardons-nous de nous y enfermer avec hauteur et dureté. Laissons-nous plutôt attendrir en vue d’un fruit à porter : ouvrons nos cœurs à la tendresse et à la miséricorde de Dieu en ouvrant les yeux sur la détresse de nos frères.

Celui qui nous adresse cette parole est à notre porte, que nous soyons en haut ou en bas. Car il a souffert la passion et il est mort, il est ressuscité et il est assis à la droite de Dieu. Il est un et le même, celui qui nous dit : que vos temps de détresse soient des ouvertures à ma révélation, et vos périodes de paix des temps de gestation pour un fruit qui demeure.

Il peut parler, lui qui est le Fils éternel et qui a pourtant vu son ciel s’obscurcir jusqu’au noir affreux de l’abandon de Dieu. Et ce fut la fin du monde, en vérité, la mort du bien aimé.

C’est pourquoi cette fin nous attend au bout de l’histoire, car il viendra dans la gloire, le ressuscité bienheureux. Alors il n’y aura plus ni larmes ni violences, mais l’amour qui ne passera pas.

Il ne sert à rien de parler de Jésus si ce n’est pour accueillir sa parole en toute circonstance de la vie. Il n’est pas sérieux de célébrer le baptême si ce n’est pour que les chrétiens entendent, dans les bas comme dans les hauts de l’existence, l’appel du Christ à se tourner vers sa venue.

Par tous les temps du monde, quiconque écoute la parole du Fils devient la présence aujourd’hui de celui qui viendra dans la gloire.

Entrons maintenant dans le beau temps de Dieu.