Dimanche 18 avril 2004 - Deuxième dimanche de Pâques

Et vous, vous en avez trouvé ?

Actes 5,12-16 - Apocalypse 1,9-11.12-13.17-19 - Jean 20,19-31
dimanche 18 avril 2004.
 

Et vous, vous en avez trouvé ?

De quoi ? Eh bien, que trouve-t-on en cette saison ? Des œufs ? Ah, oui, des œufs de Pâques ? Mais c’est une petite tradition, non ? Cela dépend pour qui.

Par exemple, cette semaine une jeune maman me racontait son dimanche de Pâques au téléphone. Elle était allé chez ses parents, et elle avait cherché les œufs que sa mère avait cachés pour elle. Pour sa petite fille, qui n’est encore qu’un bébé, il ne fallait pas y penser. Mais elle, elle les a trouvés de bon cœur !

Ce sont les parents qui cachent les œufs dans le jardin pour les enfants. Ils ne les cachent pas pour qu’ils ne les trouvent pas, mais pour qu’ils les trouvent, bien sûr ! C’est le signe que toutes les attentions et les soins qu’ils leur prodiguent sont l’expression de l’amour immense qu’ils ont pour eux, et cet amour est le trésor le plus précieux caché dans toutes ses manifestations.

Cette jeune maman me disait aussi qu’elle était allée à la messe ce jour-là, et c’était la première fois depuis fort longtemps. Elle s’était écartée de l’Église à cause de ce qu’elle avait vu, ou simplement entendu dire : que c’était une institution de pouvoir, donc de domination. Or, l’esprit de domination lui semblait incompatible avec le Dieu qu’elle avait aimé dans son enfance.

Mais ce dimanche de Pâques à la messe, donc, elle avait pleuré et ressenti une grande émotion ; pas une de ces émotions qui vous chargent, non, mais une détente, une légèreté, et puis une impression de respirer !

Thomas, je crois, a dû ressentir quelque chose comme ça. Lui aussi s’était écarté, et lui aussi est revenu dans l’assemblée des disciples. Il ne voulait pas d’un Jésus qui aurait été un autre que le crucifié de la Passion qu’il avait aimé au point de ne pas vouloir se séparer de lui, même s’il fallait l’accompagner jusque dans la mort. Et Jésus, en lui montrant ses plaies, manifeste bien que, s’il est certes glorifié dans la puissance de sa résurrection qui le rend capable de tout dominer, il n’en reste pas moins le Serviteur qui est allé jusqu’à souffrir la mort de la croix par amour pour les siens. Voilà l’évidence qui donne la paix, cette paix que le Ressuscité annonce par trois fois à ses disciples, et qui est joie, légèreté, dynamisme et respiration dans l’Esprit Saint.

Heureusement que Thomas est revenu, heureusement pour lui, heureusement pour nous ! Le Seigneur lui dit littéralement : "Ne deviens pas incroyant, mais croyant". En effet, c’est dans l’assemblée du premier jour, qui est aussi le huitième, c’est dans la messe du dimanche que l’on rencontre le Seigneur et que l’on devient toujours à nouveau croyant. Et si l’on ne vient pas, on devient incroyant. Si l’on ne devient pas croyant à la messe tous les dimanches, on devient incroyant, c’est sûr, hélas !

Vous avez entendu la fin de notre évangile : "Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui n’ont pas été mis par écrit dans ce livre. Mais ceux-là y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom."

Comme une maman cache dans le jardin des œufs en chocolats pour la joie de sa petite fille, notre Père du ciel a mis, dans le Livre que nous entendons proclamer, bien des signes de Jésus. Et il y a aussi tous les autres signes que nous voyons à la messe : le cierge pascal au temps de Pâques, la croix en tout temps, et l’autel, et le prêtre ; et surtout les signe du pain et du vin consacrés qui sont le corps et le sang du Christ, et tous les sacrements.

Si les signes de Pâques nous semblent cachés, difficiles à trouver pour nous, c’est à cause de notre aveuglement et de notre surdité. Mais ils sont à notre portée, car, si Dieu les a mis, ce n’est pas pour que nous ne les trouvions pas, c’est pour que nous puissions les goûter ! Il suffit que nous venions les chercher avec une âme et une confiance d’enfant.

Alors nous connaîtrons la paix merveilleuse que donne le Christ, signe indubitable que nous l’avons rencontré, lui, le Fils ressuscité, et nous serons en lui comme des enfants retrouvés par le Père pour l’éternité.