Dimanche 23 mai 2004 - Septième dimanche de Pâques

J’ai trouvé quelqu’un.

Actes 7,55-60 - Apocalypse 22,12-14.16-20 - Jean 17,20-26
dimanche 23 mai 2004.
 

J’ai trouvé quelqu’un.

Quelle joie de pouvoir dire cela !

La recherche d’un collaborateur passe par la définition du poste, la description d’un profil, la requête de diplômes, de qualités, d’expérience, de compétences. Mais, finalement, c’est toujours une personne que l’on trouve, avec plus ou moins de cohérence, de solidité et de fiabilité. Et cette consistance personnelle est, sinon l’essentiel, du moins le plus fondamental, car tout le reste en dépend. Voilà pourquoi l’on se réjouit d’avoir trouvé vraiment "quelqu’un".

À plus forte raison il en va ainsi lorsqu’il s’agit de trouver quelqu’un à aimer, et à aimer pour la vie ! D’ailleurs, il m’est arrivé plus d’une fois d’entendre cette sorte de confidences de la part de gens mariés : vraiment, l’autre n’était pas du tout mon genre et n’avait ni les qualités qui me paraissaient les plus importantes, ni ce qui avait pour moi le plus d’attrait ; et pourtant, nous voilà très heureux ensemble ! Bien sûr, il ne s’agit pas de rechercher systématiquement chez autrui le contraire de ce qu’on attendrait de lui, mais il faut se rappeler qu’une personne est un mystère toujours plus grand, plus riche et plus merveilleux que tous nos plans, nos définitions, nos attentes, nos désirs et même nos rêves.

Eh bien vous me croirez aisément, frères, si je vous dis que Dieu, c’est quelqu’un, et quelqu’un à aimer ! Mais, d’abord, n’oubliez pas que croire cela vraiment est précisément le fait de la foi en Jésus Christ, le Fils de Dieu mort sur la croix pour nous arracher au péché qui est incrédulité, doute et révolte contre lui. Par la puissance de sa résurrection, dans la foi nous le savons : nous avons trouvé en Dieu quelqu’un de parfaitement sûr, fidèle et cohérent à aimer pour l’éternité.

Mais Dieu, lui, a-t-il trouvé quelqu’un en nous ? Sommes-nous sûrs, fidèles et cohérents ? Rappelez-vous, frères, l’épouse pour laquelle Jésus a donné sa vie, c’est l’Église. Et l’Église, c’est nous, n’est-ce pas ? Mais avons-nous vraiment cette cohérence, cette consistance d’un être ecclésial unique ? Seule l’unité de l’amour fraternel entre nous, cet amour qui nous fait nous tenir les uns les autres pour les membres du même corps, réalise la consistance d’une "personne Église". Voilà pourquoi Jésus prie si intensément, à la veille de sa Passion, pour cette unité de ses disciples.

Dans l’Église, il faut toutes sortes de charismes, de fonctions et de compétences. Mais l’unité de l’amour est fondamentale : tout dépend d’elle. Dans l’amour, plus aucun d’entre nous ne s’avise de jalouser celui-ci parce qu’il lit bien, cette autre qui chante si joliment ou le prêtre parce c’est lui qui est ordonné : tous, nous partageons les beautés, les forces, les joies, les peines, les épreuves et les gloires de chacun. L’amour mutuel est notre solidité, notre fiabilité et notre consistance ecclésiale.

Si nous formons une communauté de foi et de prière, selon le commandement que nous avons reçu du Seigneur, il nous comblera de l’Esprit Saint qui brûlera nos cœurs au feu de son amour. Comme Étienne en son martyr, gloire de toute l’Église, nous hâterons la venue de l’époux divin que l’Esprit désire et appelle en nos cœurs.

Alors, au dernier jour il pourra dire : j’ai trouvé quelqu’un, et il y aura de la joie dans les cieux.