Dimanche 31 octobre 2004 - Trente et unième Dimanche

Un procédé révolutionnaire va changer votre vie.

Sagesse 11,23-12,2 - 2 Thessaloniciens 1,11-2,2 - Luc 19,1-10
dimanche 31 octobre 2004.
 

Un procédé révolutionnaire va changer votre vie.

Si vous repensez aux innombrables découvertes technologiques de ces dernières décennies, laquelle vous paraît-elle la plus digne de considération ? Le téléphone portable, merveille de communication instantanée avec n’importe qui à tout moment en tout lieu ? L’ascenseur, dont un conférencier à Notre-Dame nous expliquait cette semaine qu’il avait changé la mentalité dans les villes parce qu’on ne se rencontre plus dans l’escalier ?

Une enquête d’opinion, il y a quelques années, établissait qu’une grande majorité de femmes voyaient en la machine à laver le linge l’invention qui avait le plus objectivement transformé leurs conditions d’existence. Et pourtant, il n’y a rien de très révolutionnaire dans cette nouveauté : le principe du lavage reste l’usage de l’eau, de l’eau propre qui prend et emporte en passant la saleté du linge pour finir par le nettoyer. Évidemment, l’eau, elle, de claire et pure qu’elle était au début de l’opération, en ressort sale et usée.

Nous n’avons pratiquement pas d’autre imaginaire que celui du lavage pour signifier la possibilité d’être débarrassé du péché. On le voit en particulier dans la Bible : les aspersions, bains et ablutions y sont le signe quasi exclusif de la purification spirituelle. Mais, dans ces conditions, bien sûr, le principe reste que le pur est souillé par l’impur, et qu’il ne peut le purifier qu’en prenant sur lui l’impureté.

Aussi, quand Jésus va demeurer chez Zachée, tous protestent énergiquement, y compris les disciples. En effet, ce chef de publicains est, par définition, est un gros pécheur notoire, un cas grave d’impureté. Si pur que soit Jésus, il est évident pour tous qu’en allant demeurer chez Zachée il va se souiller. Et il y va !

Mais, coup de théâtre, voilà que le supposé pécheur se met à manifester de la miséricorde pour les pauvres, le repentir de ses fautes et la résolution de faire pénitence ! Que s’est-il passé ? Il faut ici savoir que le nom "Zachée" vient de l’hébreu "zak" qui signifie "pur". Pur, ce chef de publicains de Zachée ? C’est inimaginable pour tous ! Et pourtant...

Pour comprendre l’incompréhensible de cet évangile, nous sommes plus aidés par la deuxième lecture de demain, fête de la Toussaint, que par celle d’aujourd’hui. Il s’agit d’un passage célèbre de la première épître de saint Jean, dans lequel l’auteur évoque le jour bienheureux où le Fils de Dieu paraîtra, et alors nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est. Il ajoute : « Et tout homme qui fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur. »

Voilà l’explication que nous cherchions : Zachée, par un cheminement dont nous ignorons tout, "cherchait à voir Jésus". C’est exactement l’espérance dont parle saint Jean, celle qui rend l’homme pur comme le Fils de Dieu est pur.

Certes, si cette opération inouïe est possible, c’est parce que, par sa passion et sa mort sur la croix, Jésus a pris sur lui nos misères et nos péchés, toutes nos impuretés. C’est de ce lieu très bas de son anéantissement par amour qu’il lève les yeux vers le pécheur qui l’espère, comme vers Zachée perché sur son sycomore.

Au cœur du pécheur, là où Jésus va devoir venir demeurer puisqu’il y est accueilli, celui qui est parfaitement pur, le saint de Dieu, vient établir la pureté de la foi et de l’espérance. Et, du coup, cet homme "se lève", à la suite de la résurrection du Christ, et va accomplir les œuvres de la charité, manifestant ainsi qu’il est sauvé par la grâce du Dieu qui est Amour.

Tel est le procédé absolument révolutionnaire par lequel il a plu à Dieu, moyennant le sacrifice de son Fils, de nous arracher à la dégradation du péché et de changer notre vie en vie éternelle.