Dimanche 14 novembre 2004 - Trente-troisième Dimanche de l’Année C

On dirait qu’il les cherche.

Malachie 3,19-20 - 2 Thessaloniciens 3,7-12 - Luc 21,5-19
dimanche 14 novembre 2004.
 

On dirait qu’il les cherche.

Qui ? Quoi ?

Quoi ? Les ennuis, les claques, les coups durs. Qui ? Par exemple, cet enfant qui continue alors qu’on lui a dit d’arrêter, qui insiste sournoisement et obstinément malgré les mises en garde. Ou encore ce jeune qui multiplie les conduites à risques. Ne sait-il pas bien que cela va mal finir ? Oui, il le sait. Mais il n’y croit pas. Il refuse de croire à la réalité. Il préfère jouer à vivre son rêve, son délire d’invulnérabilité, et quand se produit l’accident inévitable, il n’en revient pas.

Jésus, lui, ne se s’imagine pas immortel : il prédit sa mort. Il ne se prend pas pour un dieu : il est le véritable adorateur du Père, « son Père et notre Père, son Dieu et notre Dieu » ainsi que, ressuscité, il le dit à Marie-Madeleine dans l’évangile de saint Jean. Et pourtant, il multiplie les conduites à risques : les guérisons le jour du sabbat, les paroles contre le Temple, comme celle d’aujourd’hui.

Au fait, Jésus parle-t-il vraiment contre le Temple, selon ce que prétendent ses accusateurs ? En réalité, bien au contraire, Jésus a tout fait pour éviter la ruine de Jérusalem, et quand il l’a vue venir, inéluctable, il en a pleuré. C’est pourquoi sa prophétie de la destruction du Temple et de la ville, que nous venons d’entendre, n’est sûrement pas faite de gaîté de cœur.

Mais ce que Jésus a annoncé est arrivé. Pourquoi ? Parce que le peuple juif, guidé par ses chefs aveugles, a multiplié les manœuvres douteuses et les révoltes stériles contre les Romains, au lieu de reconnaître le jour où le Seigneur l’avait visité. Et ce fut la fameuse "guerre juive" des années 67-70 de notre ère, conclue par une terrible répression. On est tenté de dire qu’ils l’avaient bien cherché.

Mais tous les hommes, en vérité, cherchent la vie. Au fond, tous cherchent Dieu, quoi qu’en disent certains. Seulement, aveuglés qu’ils sont par le péché et les tentations, ils se conduisent de telle manière qu’on dirait vraiment qu’ils cherchent la mort et la damnation.

Si quelqu’un dit qu’il est le meilleur et qu’il va sauver le monde à main forte et à bras étendu alors qu’il multiplie les souffrances et les dévastations, allez-vous le croire ? Bien plus, s’il se réclame du nom de Jésus, lui qui vit comme un riche parmi les riches, s’il dit « c’est moi », c’est moi qui accomplis la volonté de Dieu, lui qui ne veut écouter personne, allez-vous marcher à sa suite ?

Le sauveur du monde, celui qui accomplit parfaitement la volonté de Dieu, s’est anéanti lui-même. Il a donné sa vie pour la vie de ses ennemis. Seuls sont dignes de s’avancer sous son nom ceux qui suivent son chemin, comme l’Apôtre qui fut traîné devant les tribunaux et les rois et rendit ainsi un beau témoignage au Seigneur jusqu’au martyr.

Oui, les hommes cherchent Dieu, et beaucoup prétendent s’en emparer ; mais ils sont incapables de le trouver. Ils cherchent la vie, mais sous l’influence du mauvais, ils se conduisent mal au point qu’on dirait qu’ils cherchent la mort.

Tandis que le Fils de l’homme, s’il a pu paraître aux yeux de ses contemporains chercher la souffrance et la mort pour lui-même, c’est le bonheur et la vie qu’il a cherchés et trouvés pour nous tous. Telle est notre foi : elle nous sauve et nous sauvera si nous persévérons dans le service de l’Évangile du Christ, parfaite révélation du Père.

Ainsi nous savons et nous croyons que Dieu aime tendrement et cherche ardemment tous ses enfants perdus, et qu’il les trouve en son Fils Jésus.