Dimanche 28 novembre 2004 - 1er dimanche de l’Avent

Nous serons tous là à Noël,

Isaïe 2,1-5 - Romains 13,11-14 - Matthieu 24,37-44
dimanche 28 novembre 2004.
 

Nous serons tous là à Noël,

mon père, ma mère, mes frères et mes sœurs,

ce sera le bonheur.

Qui de nous peut dire cela au jour d’aujourd’hui ? Plus facilement, sans doute, les enfants que les adultes et les jeunes que les vieux. Déjà il faut avoir père, mère frères et sœurs, et puis ne pas avoir été séparés, par la mort ou par la vie.

Un heureux Noël en famille, cela ne se joue pas dans l’espace d’un petit mois de préparation à courir les magasins. Cela se décide à chaque instant de la vie. Tout se tient en effet : la vérité des jours ordinaires ne peut disparaître le temps d’une trêve ; et une fête qui réunit des êtres profondément divisés ne peut que sonner faux. Ainsi, lorsqu’on vit longtemps côte à côte tandis que les cœurs dérivent et que les désirs divergent, un jour, surprise, mauvaise surprise d’un jour de fête, on n’est pas tous là à Noël. On mangeait, on buvait, on se couchait, on se levait, et l’on n’a rien vu venir jusqu’au jour de la catastrophe. C’est pour nous éviter une telle déconvenue, et même une bien pire, que Jésus nous met en garde dans l’évangile d’aujourd’hui.

Noël, vous le savez, veut dire nativité, naissance. C’est la fête de la naissance de Jésus, le Fils de Dieu fait homme, qui est mort sur la croix pour racheter le monde, qui est ressuscité et monté au ciel, et dont nous attendons la venue dans la gloire au dernier jour. Ce jour de gloire sera aussi une sorte de nativité. Car, jusque-là, le monde gémit et gémira dans les douleurs de l’enfantement. Et seulement en ce dernier jour sera enfantée la nouvelle création parfaitement délivrée de la mort et de tout mal. Or, c’est dès maintenant que nous devons nous préoccuper de savoir où nous serons ce jour-là. Si nous nous écartons du Christ dans notre existence quotidienne, ne serons-nous pas séparés de lui au jour de sa venue ?

Car tout se tient. Comment espérer avoir part à la gloire de Jésus si l’on ne croit pas qu’il est le Verbe incarné, si l’on n’ajoute pas foi à sa naissance, à sa Pâque et à sa venue déjà au milieu de nous en particulier à la messe où il nous adresse lui-même la Parole, et nous donne son corps et son sang en nourriture de vie éternelle ? Voyez les manifestations de la présence du Seigneur ressuscité à son Église, et reconnaissez là les signes de sa venue toute proche.

Rappelez-vous ce qu’il a dit : « Qui sont ma mère, mes frères et mes sœurs ? Ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent. » Si nous voulons être de la grande fête du Jour de Dieu, soyons maintenant fidèlement de sa famille. Celui qui n’allait plus à la messe que pour Noël, qu’il y revienne régulièrement tous les dimanches. Et ceux qui se contentent mollement de ce rendez-vous hebdomadaire, qu’ils trouvent le moyen de donner ou de se donner un peu plus au service de l’Église : en ce temps de l’Avent, ce sera un signe de l’accueil du Seigneur qui vient.

Et ceux qui sont loin, faudra-t-il désespérer pour eux, se lamenter d’avance de leur absence prévue au jour du salut ? Allons, d’abord vous savez bien que pour rassembler une famille un peu vaste il faut toujours que deux ou trois de ses membres commencent à s’entendre et à se réunir ; alors les autres peuvent suivre. Mais si le noyau se défait, les lointains n’auront plus aucune chance de s’y joindre. Ainsi, nous qui répondons maintenant aux appels du Seigneur, nous le faisons pour nous-mêmes et pour les autres hommes de tous les lieux et de tous les temps. Soyons-lui d’autant plus résolument fidèles.

Car c’est la volonté du Père tout-puissant, dans son trop grand amour, que tous les hommes soient sauvés. C’est pourquoi il a donné son propre Fils, né de la femme. Et il nous donne Marie pour mère quand il fait de nous les frères et les sœurs de Jésus par le baptême en sa mort. C’est afin que nous vivions de sa propre vie, et que nous ayons part à sa résurrection au dernier jour, car il est ressuscité, lui, le premier-né d’entre les morts. Et déjà, en vue de ce jour et dans la foi de l’Église, nous sommes la famille de Dieu en fête espérant le salut pour tous les humains.

Oui, notre espérance est que nous serons tous là à ce grand Noël du bonheur éternel.