Dimanche 9 juin 2002 - Dixième dimanche

Danger !

Osée 6,3-6 - Romains 4,18-25 - Matthieu 9,9-13
dimanche 9 juin 2002.
 

Danger !

Danger ? Mais que c’est bon.

Pourquoi les jeunes font-ils volontiers des choses dangereuses ? Parce que, étant dangereuses, elles sont interdites et que les jeunes veulent faire tout ce qui est interdit ? Essayez donc de leur interdire de ranger leur chambre, vous verrez bien s’ils le font. On prend parfois les jeunes pour des idiots, mais ce n’est pas très intelligent.

Alors, ce serait plus simplement parce qu’ils aiment précisément ce qui est dangereux ? Mais non, ils ne sont pas si fous que cela. Le danger ne fait qu’ajouter une touche de défi à ce qui est déjà pourvu d’attrait pour eux. Vous me direz qu’il leur arrive d’agir de manière insensée seulement pour se rendre intéressants. Sans doute. Mais, justement, c’est bien pour ceux qu’ils veulent intéresser qu’ils agissent. Gagner le cœur de l’autre, voilà ce qui a du prix à leurs yeux, comme au yeux de tout être de coeur.

C’est pourquoi aussi l’on remarque qu’ils s’entraînent mutuellement à prendre des risques : l’un dit "Allez, viens !", et l’autre suit. L’essentiel en la matière est ce qui se passe entre les intéressés.

De même, Jésus dit à Matthieu : "Suis-moi !" Or, vous savez quel est le chemin du Christ, n’est-ce pas ? Pour être dangereux, il est dangereux, ce chemin qui l’a conduit jusqu’à la croix. Mais celui qui accepte de le prendre répond par amitié à l’amitié de Jésus, fier d’affronter avec lui tout danger à venir.

Faites bien attention, mes amis : la foi est un mouvement d’attachement personnel à la personne de Jésus Christ, qui peut vous mener loin. Le chemin avec lui sera pour vous conversion et sanctification, avec des merveilles de grâces et des persécutions. La foi que vous allez professer aujourd’hui est pour toute votre vie.

La foi, c’est chaque fois que vous entendez Jésus dire "Viens !" et que vous y allez. Il vous appelle alors que vous êtes pécheurs, c’est-à-dire enclins au mal, faibles devant la tentation, incapables de faire vraiment le bien par vous-mêmes. Il le sait bien. Mais il vous donne à chaque fois la force et la grâce de le suivre, c’est-à-dire de vivre et d’agir comme lui. Et, peu à peu, la grâce du chemin parcouru vous transforme de plus en plus en ce saint qu’il vous appelle à devenir. Voilà l’œuvre de Dieu par la foi.

Attention, la foi est dangereuse. Aujourd’hui encore des hommes sont persécutés à cause de la foi. Dans certains pays, le martyr est une perspective réelle pour tout chrétien digne de ce nom. Chez nous, la résistance à la foi prend un visage plus sournois, mais elle n’en est pas moins hostile et obstinée. Et la foi vous expose toujours de manière renouvelée à renoncer à vous-mêmes pour l’amour de Jésus Christ : nous avons tous les jours à nous convertir.

Pourtant, je vous le dis : n’ayez pas peur d’écouter la voix qui vous invite à la foi, car elle est celle de celui qui vous gardera de tout mal. Ne pas l’écouter serait rester planté sur le bord de la joie qu’il vous offre et mourir sur pied par crainte de vivre vraiment.

Mais prenez garde à ceci : si vous alliez accomplir ce rite des lèvres seulement, sans y mettre votre cœur, il vaudrait mieux pour vous ne pas le faire du tout. Nombreux sont ceux qui ont paru faire profession de foi chrétienne et qui ignoraient tout à fait le Christ Jésus. Ce faux-semblant ruineux est la véritable cause du désarroi et du déclin dans l’Église de notre temps.

Danger, oui, il y a ainsi danger pour vous maintenant de deux manières. Évitez donc l’écueil de l’illusion ou de l’hypocrisie. Mais acceptez le danger de croire au Fils de Dieu : il vous est bon, il vous sera bon, de le courir avec celui qui est le chemin et la Vie.