24 décembre 2004 - Nuit de Noël

Il vaudrait mieux qu’il ait tes yeux.

Isaïe 9,1-6 - Tite 2,11-14 - Luc 2,1-14
vendredi 24 décembre 2004.
 

Il vaudrait mieux qu’il ait tes yeux.

Penchés sur le berceau, les jeunes parents se plaisent à désirer pour leur enfant tout petit qu’à la loterie des gènes il tire en tout le meilleur d’eux deux. Mais on ne choisit pas. Eh, bien sûr, ils l’aimeront de leur mieux tel qu’il sera.

La fête de Noël, avec ses cadeaux, dit le désir profond qu’ont les parents de combler leur enfant, qu’il soit heureux et que, bien sûr, il leur rende amour pour amour.

Or, le secret de l’amour en ce monde frappé de mille obscurités, c’est bien d’aimer l’autre tel qu’il est, avec ses défauts et même malgré ses méfaits.

Ce programme, déjà, n’est pas si simple entre parents et enfants, alors qu’ils ont pourtant toutes les raisons de le remplir. Et l’histoire des hommes est largement l’entreprise parfois désespérée d’y réussir coûte que coûte avant la mort.

Si bien que le monde changerait déjà de visage si nous apprenions à regarder tout homme comme s’il était notre propre enfant ou notre propre parent, en lui prodiguant les trésors de patience, de tendresse et d’indulgence dont nous sommes capables pour le mieux aimé de nos proches.

Mais il faudrait pour cela que nous ayons les yeux de Dieu. Il faudrait que nous puissions porter son propre regard sur chacune de ses créatures humaines qu’il a aimées jusqu’à donner son Fils. Et son Fils, que nous adorons tout petit dans la crèche, nous dit cet amour qu’il a partagé jusqu’à donner sa vie sur la croix pour nous sauver.

Voyez le signe qui nous est offert en cette nuit ! Il nous indique que l’amour entre Père et Fils est au cœur de Dieu éternellement dans l’unité du Saint-Esprit. Il nous apprend que le lien indestructible entre parents et enfant est au cœur de tout amour véritable. Il nous explique que nous apprenons au mieux l’amour de Dieu en entrant dans le mystère de la relation d’un père et d’une mère qui ne font qu’un dans l’amour de leur enfant, comme Marie et Joseph avec ce Jésus qui leur est donné.

N’allons pas adorer cette nuit et puis passer notre chemin pour l’année ! Vivons chaque jour de l’esprit de Noël, dans l’adoration eucharistique et dans la communion à celui qui nous est donné pour qu’il devienne notre vie.

Cet enfant que Joseph n’a pas fait, à qui il n’a donné ni ses yeux, ni ses mains, ni son cœur, il l’a reçu pour devenir semblable à lui.

Nous aussi recevons-le cette nuit et déjà le monde vaudra mieux à nos yeux car nous le verrons par les siens, et nous l’aimerons avec son cœur de Dieu.