Dimanche 6 février 2005 - Cinquième Dimanche

Allez, allez !

Isaïe 58,7-10 - 1 Corinthiens 2,1-5 - Matthieu 5,13-16
dimanche 6 février 2005.
 

Pour mener les hommes, plusieurs choix s’offrent à nous. Mais tous se ramènent pratiquement à la formule de base : « Allez, allez ! »

Tantôt l’on pousse et tantôt l’on tire.

Pousser : encourager, stimuler, fouetter, menacer, punir, contraindre, soutenir. Tirer : promettre, entraîner, séduire, attirer, récompenser.

Pourtant, il est une façon d’agir différente, qui ne "porte pas la main" sur autrui, c’est d’indiquer à l’homme le chemin qu’il cherche, lui faire découvrir le mouvement propre qui l’anime profondément, celui qui le porte de lui-même vers son accomplissement.

Existe-t-il un tel chemin qui soit pour tous et pour chacun ? La vie, sans doute, car la vie veut vivre, comme nous le révèlent toujours à nouveau les petits-enfants. Mais nous savons bien que le vouloir vivre lui-même peut être mis en échec.

Jésus le sait. Il connaît le cœur de l’homme et n’a pas besoin qu’on l’instruise à ce sujet. Il est venu sauver la vie. Et pour lui faire surmonter toute opposition de mort, de mal et de misère, ce fut un arrachement. La croix est un chemin terrible.

C’est pourquoi nous avons entendu dimanche dernier que, voyant la foule, Jésus gravit la montagne et s’assit. Ses disciples s’approchèrent et il ouvrit la bouche pour les instruire. Nous sommes au tout début du sermon sur la montagne, et Jésus commence par dire : « Allez, allez ! »

Allez pauvres, faibles, privés de votre joie.

Allez révoltés par le malheur du monde, transpercés par ses souffrances, refusant ses séductions perverses.

Allez jusqu’au bout de vos forces au travail pour sa vie.

Allez persécutés, oui, bafoués à cause de moi, car vous allez avec moi vers la Vie.

Et certes ainsi il réconforte, encourage et attire les siens pour les faire avancer sur le chemin : « Allez, allez ! »

Mais aujourd’hui, c’est-à-dire aussitôt, il s’exprime d’une façon différente. À ses disciples, toujours, il dit : « N’êtes-vous pas mes disciples ? » Sont disciples ceux qui croient que Jésus est la lumière du monde et son salut, justement par le sacrifice de sa croix. Ce qu’ils croient, ils le vivent et le montrent ainsi au monde qu’ils entraînent à leur suite : ils sont lumière et vie pour le monde.

Comprenez. Puisque vous êtes disciples de Jésus, vous avez en vous le mouvement de la vie de Jésus : donnez-lui cours, laissez-lui cours ! Je ne vous dis pas : « Faites ceci et cela, sinon gare à vous ! » mais : « Suivez le chemin de vie que vous êtes. » Pourquoi ne multiplieriez-vous pas les actes de foi dans la nuit du monde et les oeuvres bonnes au milieu de ses maux ?

Allez ! Prenez donc les places qui vous appellent dans l’Église, où il y a tant à faire de toutes les façons pour qu’elle soit de plus en plus ce corps rayonnant de la foi, de l’espérance et de l’amour du Christ qui donne au monde la vie éternelle.

Et surtout, que l’Église demeure ce corps tout entier informé, qualifié et conformé par le Christ Jésus et pour lui, sinon elle n’est plus rien qui vaille !

Attention, frères, pour mener les hommes à la Vie, Dieu n’a pas plusieurs choix : c’est par nous, par l’Église de son Fils qu’il lui a plu de le faire. Alors, Allez !

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