Dimanche 3 avril 2005 - Deuxième dimanche de Pâques - Au lendemain de la mort du pape Jean-Paul II

L’amour et la douleur se mélangent à faire pleurer le cœur.

Actes 2,42-47 - Psaume 117 - 1 Pierre 1,3-9 - Jean 20,19-31
dimanche 3 avril 2005.
 

L’amour et la douleur se mélangent à faire pleurer le cœur.

Mais pour qui sait les déchiffrer, ces larmes sont jaillissement de vérité.

Ainsi, de Thomas, aujourd’hui, jaillit la foi dans le brisement de sa révolte.

Thomas, l’un des Douze, attaché à la personne du Maître plus que les autres à sa manière passionnée et ombrageuse, ne peut croire à l’identité du crucifié d’hier et du ressuscité d’aujourd’hui : le rapprochement est impossible, pense-t-il. N’a-t-il pas raison ?

Mais voilà que se réalise l’impossible unité des moments opposés dans la présence de Jésus vivant à nouveau et montrant ses plaies. Ce tour de force de Dieu, en donnant la foi à Thomas, lui apporte aussi la paix annoncée par le Christ, sa paix qui vient précisément de cette incroyable unité.

Dans l’évangile de saint Jean, la scène de l’apparition de Jésus à ses disciples au premier et au huitième jour fait écho à celle de sa crucifixion. Déjà, en effet, en rendant le dernier soupir, c’était l’Esprit Saint qu’il soufflait sur ceux qui l’avaient suivi jusqu’au pied de la croix. En fait, le don de l’Esprit par Jésus à son Église est un comme son Heure est une : on ne peut séparer le sacrifice du vendredi saint de la victoire du dimanche. L’unité de la Pâque du Seigneur est celle de l’œuvre de la miséricorde de Dieu.

Miséricorde : ce mot magnifique est rempli d’amour et de douleur.

Il dit le mystère du dessein de Dieu qui a voulu sauver tous les hommes par le don de son Fils. Il a vu notre misère et, plus terrible que toute maladie ou que la déchéance et la vieillesse qui font tellement peur aux hommes, le péché qui nous défigure l’âme. Mais Dieu qui n’a pas craint de s’approcher des pécheurs, à plus forte raison peut nous voir beaux et aimables même quand le monde se détourne de nous avec horreur. Il n’a pas oublié l’image en nous de son Fils bien-aimé même lorsque nous étions ennemis de son amour et de sa vie. Il ne l’oubliera jamais.

Ce deuxième dimanche de Pâques a été institué aussi dimanche de la divine Miséricorde par le pape Jean-Paul II en l’an 2000. Et c’est à la veille de ce jour où nous célébrons les douleurs, l’amour et la victoire du Fils de Dieu que le saint Père s’est endormi dans l’espérance de la résurrection.

Il est unique, l’Esprit Saint donné pour que nous soyons les témoins de cette grâce au milieu du monde qui gémit encore dans le bruit, la fureur et la folie de l’histoire, baigné dans le sang et les larmes des violences absurdes. Il nous fait porter à ce monde la Bonne nouvelle du salut comme des témoins courageusement engagés dans la mêlée et pourtant remplis de paix dans la foi et l’espérance.

Mystère de douleur et d’amour vainqueur pour lequel nous rendrons grâce éternellement.

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