Dimanche 6 juin 1999 - Le Saint-Sacrement du corps et du sang du Christ

Qui a un nounours ?

Deutéronome 8,2-3,14-16 - 1 Corinthiens 10,16-17- Jean 6,51-58
dimanche 6 juin 1999.
 

Qui a un nounours ?

La plupart des petits enfants ont un nounours, ou l’équivalent. Le nounours signifie d’abord que le petit enfant voudrait rester toujours physiquement uni à sa mère, peau contre peau, car c’est là le bonheur, évidemment.

Pourtant, il lui faut renoncer à ce désir bien naturel. Comme le petit d’homme est un être de langage, capable de symbolisation, le renoncement en question constitue en même temps l’accès à la capacité supérieure d’une union spirituelle même quand on est séparés physiquement.

Et le nounours participe aussi à cette acquisition : objet de transfert, il reçoit un nom et représente tantôt la mère ou le père, tantôt l’enfant lui-même. Ainsi se développe en l’enfant l’identification de personnes distinctes physiquement et reliées par la parole, au nombre desquelles il se range.

Normalement, les enfants, en grandissant, délaissent bientôt leur nounours. Pourtant, certains le gardent en fonction jusqu’à dix, quinze, vingt, trente ou même quarante ans. Et pourquoi pas ? Le développement affectif de la personne humaine rencontre des difficultés, des retards et des échecs. L’essentiel est de vivre au mieux comme on est, et de ne jamais renoncer à progresser.

Pour la communion, il en va de même. Il s’agit de rester uni à Dieu en Jésus Christ alors qu’on est physiquement séparé de lui. En effet, Jésus est mort et ressuscité, puis il est monté au ciel où il est assis à la droite du Père. Heureusement, il y a le sacrement de l’Eucharistie : "Le pain que nous rompons n’est-il pas communion au corps du Christ ?"

Nous qui n’avons pas connu le Christ dans la chair, nous savons que nous sommes en communion avec lui si nous gardons sa parole : "Allons-nous garder ses commandements, oui ou non ?"

Beaucoup d’hommes et de femmes ont "fait leur première communion" comme on passe un brevet, comme s’il ne s’agissait que d’un acte isolé et suffisant en lui-même.

Communier, c’est reconnaître que nous devons faire ce que dit Jésus. C’est pourquoi nous devons tout le temps prier pour qu’il en soit ainsi.

En toute occasion, priez ainsi : "Seigneur Jésus, toi qui nous as donné ton corps, fais que je me donne tout entier." Etes-vous prêts à tout donner comme vous le devez ? Priez encore ainsi : "Toi qui as versé ton sang pour nous, donne-moi de supporter tout ce qu’il faut avec toi." Avez-vous déjà tenu bon jusqu’au sang ?

Si vous avez quelque retard de développement dans la foi au Christ, ne désespérez pas : prenez maintenant l’engagement de prier désormais comme il faut.

Priez tout le temps et vous serez toujours en communion avec celui dont vous allez recevoir dans un instant le corps et le sang : vous serez unis à lui maintenant malgré la séparation physique et, au dernier jour, à la résurrection des corps, pour un bonheur parfait et définitif.