Dimanche 15 mai 2005 - Pentecôte

De qui est-ce ?

Actes 2,1-11 - Psaume 103 - 1 Corinthiens 12,3b-7.12-13 - Jean 20,19-23
dimanche 15 mai 2005.
 

De qui est-ce ?

Vous avez sorti une formule frappée comme une médaille et l’on vous demande : « De qui est-ce ? » - Heu, de moi, je crois. Alors on découvre que quelqu’un d’autre, plus célèbre, a dit la même chose avant vous. Et c’est la honte. Bizarre.

Bien sûr, dans certains cas il est important de pouvoir citer ses sources.

Par exemple : « Jésus est ressuscité. » Avez-vous déjà dit cela ? J’entends, de vous-même, dans la conversation : « Georges, Jésus est ressuscité. »

Essayez, un soir de cet été, au cours d’un dîner sympa au bord de l’eau : « Jésus est ressuscité. » Les gens vont penser : « Il a pris un coup de chaud. » Mais peut-être que d’autres, ou les mêmes, éprouveront pour vous une profonde admiration, si du moins votre sortie était judicieuse. Pourtant, ce n’est pas de vous.

De qui est-ce ? Vous l’avez entendu dans la première lecture, au livre des Actes des Apôtres : c’est l’Église qui commence avec cette annonce.

Et là, il faut savoir s’étonner un peu. Jésus est mort une cinquantaine de jours auparavant : un délai assez court pour qu’on puisse se rappeler aisément cet épisode pénible, mais assez long pour qu’on ait dû penser à pas mal d’autres choses depuis. Or, ces hommes qui le disent vivant sont incapables de le montrer : il est monté au ciel ! Pas gênés pour autant, ils y vont de leur annonce sans le secours d’aucune mise en scène ni des moindres effets spéciaux. Seuls phénomènes remarquables, le grand bruit dans la maison et la parole entendue par chacun dans sa langue peuvent facilement passer pour les désordres d’une troupe avinée.

L’étonnant est que trois mille hommes y croient ce jour-là. L’étonnant, depuis deux mille ans, est que des hommes y croient un jour ou l’autre.

Soyons clairs : la foi des Apôtres qui les pousse à l’annonce de la résurrection du Christ aussi bien que celle des hommes qui l’accueillent est une œuvre de puissance de l’Esprit Saint : rien d’autre ne saurait expliquer cet événement prodigieux aux conséquences immenses !

Car le résultat de cette foi est l’Amour. En effet, personne au monde ne peut vraiment aimer Dieu sans la foi au Christ qui nous a aimés jusqu’à mourir sur une croix, et à Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts. C’est pourquoi il est écrit : « Abraham votre père a tressailli d’allégresse dans l’espoir de voir mon Jour. Il l’a vu, et il a été dans la joie. » Et personne sans l’amour de Dieu ne peut aimer son prochain comme Jésus qui a donné sa vie pour ceux qui le mettaient en croix.

De qui donc est la foi ? Elle est de Dieu, frères, c’est sûr. Mais comme il en a le pouvoir, il nous la donne en sorte qu’elle devienne de nous, et même nous plus que nous-mêmes. Il se peut, mes amis, que je chante ou que je danse, que je parle ou que je lutte de façon vraiment merveilleuse. Eh bien, tout cela reste fort peu de chose à côté de la foi qui seule est infiniment admirable. J’ai dit “peu de chose” et non pas “rien”, car non seulement les merveilles d’ordre naturel sont à admirer dans leur ordre, mais encore la foi, justement, les épanouit très au-delà de leur beauté naturelle. Tout trouve en la foi sa juste mesure, et cette mesure passe les attentes du monde dans l’Amour inouï de Dieu.

C’est pourquoi nous sommes ici rassemblés en Église autour de l’autel de Jésus Christ pour, en célébrant l’Eucharistie, dire au Père par la puis-sance de l’Esprit : « Oui, Seigneur, tout vrai bien est de toi »

Texte des lectures : Cliquez ici