Dimanche 17 juillet 2005 - Seizième dimanche

Il est petit encore.

Sagesse 12,13-19- Psaume 85 - Romains 8,26-27 - Matthieu 13,24-43
dimanche 17 juillet 2005.
 

Il est petit encore.

Il ne comprend pas ce qui est bien ou mal, il est si petit. Justement : il faut qu’il grandisse ! Ou bien vous préféreriez qu’il reste toujours petit ? Vous voulez l’empêcher de grandir ?

Laissez pousser, laissez grandir : telle est la consigne de notre évangile d’aujourd’hui. Même s’il faut donc tolérer le mal pendant un temps.

À cause du mal, les hommes s’interrogent : Que fait Dieu, s’il est bon et tout-puissant ? Pourquoi n’envoie-t-il pas ses anges arrêter le bras du malfaiteur et le retrancher de la terre ?

Parce qu’il n’existe pas, justement, répondent les uns d’un ton plus ou moins assuré. Leur athéisme est théorique.

D’autres décident de prendre les choses en main. Même s’ils prétendent le faire au nom de Dieu, ils prennent sa place, ils agissent comme s’il n’y avait pas de Dieu qui vaille : ils manifestent un athéisme pratique. Le terrorisme est un athéisme pratique. Les terroristes sont des athées en pratique.

Mais la question demeure : Que fait donc Dieu, au sujet du mal qui est dans le monde ?

Il fait cela : le Christ sur la croix.

Il fait notre foi, la foi chrétienne. C’est-à-dire que nous croyions en Jésus Christ, le Messie d’Israël qui sauve le monde par sa mort sur la croix, par sa vie librement offerte en sacrifice. Et nous croyons qu’il viendra dans la gloire à la fin des temps, afin que tout mal soit anéanti et que toute injustice soit consolée : telle est notre espérance qui ne trompe pas. En effet, nous avons reçu l’Esprit Saint qui nous donne de vivre comme le Fils de Dieu à sa suite, dans la vérité et la sainteté de l’amour. Telle est la charité, qui couronne notre foi.

Or, beaucoup qui portent le nom de chrétiens ne croient pas vraiment au Christ, à la résurrection du Jésus, à sa naissance de Verbe éternel qui a pris chair de la Vierge Marie, et à sa venue dans la gloire à la fin du monde. Ceux-là sont atteints par les brumes de l’athéisme théorique, même si c’est plus ou moins en profondeur.

D’autres, au contraire, se prétendent plus chrétiens que le pape. Et ils s’emparent du nom de Dieu pour le planter sur leurs étendards dévastateurs. Ceux-là sont de vrais athées pratiques.

Et qui pourrait compter la multitude des tièdes dont la religion ordinaire n’est guère différente des fades tisanes et des vieilles lunes que les hommes s’infusent et ressassent toujours ?

Qui pourrait les compter et les retrancher, tous les tièdes avec les idéologues mal croyants et les fondamentalistes arrogants ?

Pas moi, en tout cas, Dieu m’en garde. Car si la Parole est plus coupante qu’un glaive à deux tranchants, ce n’est pas pour faucher les vivants. C’est pour les pénétrer jusqu’aux profondeurs de l’âme, afin qu’ils se convertissent.

Et puis, ne suis-je pas moi-même petit encore ? Je n’aurai pas de mal à vous en convaincre pour ma personne, sans doute ; mais lorsque le pape Jean-Paul II se disait petit, et lorsque le pape Benoît XVI le dit aussi de lui-même, de façon différente mais avec la même humilité, les croyez-vous ?

Vous devriez. Car nous sommes bien petits pour juger quiconque aujourd’hui, nous qui pourtant avons mission de porter dans l’Église et au milieu du monde cette Parole qui nous juge tous maintenant afin que nous l’écoutions et que nous soyons sauvés.

Si nous parlons, ce n’est pas pour retrancher, mais pour faire grandir. Si nous nous taisions, nous serions comme ces chiens muets, bons à rien, qui ne méritent pas leur beau nom de serviteurs. Mais nous devons le faire avec miséricorde, patience et délicatesse, au nom du seul Seigneur qui a donné sa vie pour les pécheurs.

Elle est petite la Parole encore aujourd’hui : petite en nous qui sommes mélangés de foi et d’incrédulité, traversés d’amour et d’infidélités ; petite dans le monde qui continue à résister à la merveilleuse annonce de son salut.

Elle est petite encore, de foi et de sainteté, l’Église toujours à purifier et à réformer. Mais le Seigneur lui dit « Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. »

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