Dimanche 24 juillet 2005 - Dix-septième dimanche

La vie est trop belle.

1 Rois 3,5-12 - Psaume 118 - Romains 8,28-30 - Matthieu 13,44-52
dimanche 24 juillet 2005.
 

La vie est trop belle.

En langage jeune, je pourrais vouloir dire par là que la vie est vraiment très belle, par exemple pour Magali et Jean-Alexandre au lendemain de leur mariage.

Jean-Alexandre n’est-il pas comme un homme qui a trouvé la perle rare ? Il se donne tout entier de bon cœur pour la recevoir. Et Magali pareillement se réjouit parce qu’elle a trouvé un trésor pour sa vie. Le mariage en soi est comme une mise en œuvre des deux premières paraboles de notre évangile d’aujourd’hui.

Pourtant le mariage, fût-il le plus réussi, n’est pas qu’une aimable ballade. La réalité que nous connaissons comporte aussi tant d’épreuves et de gâchis. Comme s’il ne suffisait pas des catastrophes naturelles et des maladies, l’homme se laisse gagner par le mal et se déchaîne contre lui-même. Les actes de mort et de haine de certains nous laissent stupéfaits, mais tous aussi, empoisonnés parfois par la discorde et la jalousie, nous distillons le venin qui corrompt nos relations.

La vie serait trop belle, pouvons-nous penser avec amertume ou nostalgie aux jours les plus sombres, si nous la partagions simplement comme un trésor fragile à nous confié comme un enfant. La vie serait-elle trop belle pour être confiée aux hommes ?

D’ailleurs, notre évangile n’en reste pas aux paraboles charmantes du début : le Seigneur aussitôt, avec l’image du filet tiré sur le rivage, en revient à l’évocation du Jugement dernier qui nous glace toujours. Comment ? Serait-il possible qu’à la fin certains d’entre nous soient rejetés à jamais comme mauvais ?

Rappelez-vous dimanche dernier, le bon grain et l’ivraie : si la parole de Dieu est plus acérée qu’un glaive à deux tranchants, ce n’est pas pour faucher les vivants parce qu’ils sont méchants, c’est pour pénétrer leur cœur et qu’ils se convertissent. Elle nous juge maintenant, la Parole, afin qu’en l’écoutant nous nous laissions séparer du mal et qu’ainsi nous puissions échapper au jugement, définitivement.

En effet, Dieu s’est dit que la vie de l’homme était trop belle pour l’abandonner à la perdition. Et il est allé, pour la sauver, jusqu’à donner son Fils. Cette parole, mes amis, dépasse tout ce que nous pourrions expliquer dans nos meilleurs discours. Elle est la sagesse que même Salomon au meilleur de ce que, grâce à Dieu, son cœur écoutait ne pouvait imaginer.

Les petits enfants sont sur un pied d’égalité avec les grands savants devant cette folie de Dieu plus sage que les hommes, et même ils sont devant. Car nul ne peut l’entendre et la recevoir que dans sa faiblesse et son ingénuité. Et personne ne la met en pratique, cette parole de vie éternelle, sans passer par la mort à ce monde et le dénuement de soi.

C’est pourquoi nous sommes si heureux de ces moments précieux, comme le mariage de Jean-Alexandre et Magali, où nous éprouvons quelque chose d’une grâce de réconciliation, oubliant de grand coeur ce qu’il en a coûté de sacrifices d’amour-propre pour les uns ou les autres.

C’est facile en voyant ces délicieux enfants si bien élevés du premier rang de penser que leur vie est trop belle pour ne pas être aimée. Mais n’est-ce pas le cas aussi des garnements plus grands qui ne sont même pas venus ici ce matin ?

Et si un jour le visage qui nous fait face devait être celui de quelqu’un qui nous a crucifié dans nos attachements les plus chers, qu’est-ce qui nous gardera de la haine ? Rien ne le pourra sinon la pensée du regard de Dieu sur tout enfant des hommes, même le plus défiguré, et de la parole de la Croix qui dit en acte que sa vie était trop belle pour ne pas être sauvée.

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