Dimanche 31 juillet 2005 - Dix-huitième dimanche

Il débarque.

Isaïe 55,1-3 - Psaume 144 - Romains 8,35-39 - Matthieu 14,13-21
dimanche 31 juillet 2005.
 

Il débarque.

Avec une nuance d’indulgence ou de raillerie, selon son humeur ou le degré de sympathie qu’on éprouve pour celui dont on parle, on exprime ainsi le sentiment que l’intéressé n’est vraiment pas à la page : à l’évidence il ignore les dernières évolutions de la situation et des événements.

« En débarquant, Jésus vit une grande foule de gens », avons-nous entendu dans l’évangile d’aujourd’hui. Au-delà d’une rencontre historique entre Jésus et les hommes de son temps, cet épisode évoque celle que le Christ ressuscité fait avec chaque génération dans son Église et à partir de son Église, dont la barque est la métaphore.

Les hommes d’aujourd’hui tiennent couramment l’Église pour une réalité surannée. Ils ont souvent de la sympathie pour le personnage historique de Jésus, mais ils l’imaginent à leur manière en projetant une image fantaisiste du Christ sur leurs rêveries nostalgiques d’amour et de justice. Lorsque leur humeur est amère, ils peuvent plutôt rejeter le christianisme comme une force oppressive de l’ancien temps qui n’en finirait pas de disparaître enfin.

Or, Jésus Christ est vivant, ressuscité, et il agit maintenant en construisant son Église pour qu’elle soit le lieu de sa rencontre avec les hommes de notre temps. L’évangile d’aujourd’hui nous dit comment cela se passe : l’Eucharistie, dont les ministres sont les successeurs des Apôtres choisis et mandatés par le Seigneur lui-même, est le lieu fondamental où le Christ nourrit les foules de sa parole et de son corps que leur distribuent ses disciples.

Quand nous entendons qu’il s’agit d’un endroit désert et que, peu après, Jésus fait asseoir les gens sur l’herbe, nous essayons d’imaginer quelle espèce de désert herbu se trouve sur les bords du lac de Galilée. Mais ce n’est guère utile de trop chercher de ce côté. Il vaut mieux se rappeler le début du Psaume 22 (23), « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien, sur des prés d’herbe fraîche il me fait reposer. »

Rien ne peut séparer les hommes d’aucune époque de l’amour de Dieu qui s’est manifesté en Jésus Christ si seulement ses disciples sont fidèles à célébrer l’Eucharistie selon sa volonté et à mettre en pratique dans toute leur vie la Parole entendue à la messe, avec la force de l’Esprit Saint reçu en communiant au corps et au sang du Seigneur.

C’est ainsi que Jésus lui-même, celui qui est né, a souffert est mort et est ressuscité il y a 2000 ans, débarque au milieu de chaque génération pour lui offrir le salut parfaitement gratuit qu’il nous a obtenu, pour nous et pour la multitude.