Dimanche 13 avril 2003 - Dimanche des Rameaux et de la Passion

Ce petit âne est-il content ?

Marc 11,1-10 - Isaïe 50,4-7 - Philippiens 2,6-11 - Marc 14,1 à 15,47
lundi 14 avril 2003.
 

Ce petit âne est-il content ?

Oui, bien sûr qu’il est content d’être détaché ! Car ceux qui le libèrent ne le font pas avec violence et par une force destructrice, mais en douceur et sur une simple parole. Et nous aussi, nous sommes contents d’être ici. C’est normal : le petit âne représente le reste du peuple de Dieu, les pauvres qui ont gardé l’espérance de la libération d’Israël. En cet équipage, Jésus se présente à l’entrée de la Ville sainte comme le roi pacifique, le Messie doux et humble de cœur qui vient pour la joie de tous. Tel est le libérateur que nous acclamons maintenant. Mais, attention, encore faut-il nous laisser conduire par lui jusqu’où il veut nous mener ! Marchons avec lui aujourd’hui, et tous les jours suivants aussi.

Après la lecture de la Passion.

Etes- vous les mêmes ?

Tout à l’heure, vous avez chanté l’entrée de Jésus à Jérusalem. Mais depuis nous avons entendu les lectures, et surtout cette Passion de Jésus qui nous semble si longue, et qui l’a été plus encore plus lui.

Est-ce que ce sont les mêmes ?

Ces gens qu’on nous a tant montrés acclamant le dictateur, et puis que l’on voit maintenant féliciter les soi-disant libérateurs, sont-ils les mêmes ou bien d’autres ? S’agit-il d’acteurs insincères disposés à jouer le rôle qu’on veut bien leur donner ? Je ne crois pas. D’un jour à l’autre, c’est toujours la force dominatrice qu’ils encensent. Leur cœur est le même : peu leur importe le maître, pourvu qu’ils soient de son côté.

Et nous, mes amis, nous ne sommes sûrement pas indemnes de toute servitude à l’égard de la force violente, ni du consentement à cette servitude, ni de la complicité avec cette violence. Mais ce n’est pas ce côté de nous-mêmes qui, avec les hommes de Jérusalem, se tournait vers Jésus tout à l’heure. C’est l’Esprit Saint qui nous poussait, eux comme nous, à acclamer le roi de gloire et de paix.

Pourtant, ce sont les mêmes qui vont crier bientôt : "À mort, crucifie-le !" Leur cœur a-t-il changé ? Non, c’est qu’on les a poussés à huer le Fils de l’homme mis au rang des malfaiteurs, c’est que la vue de la douleur et de la honte a affaibli leur âme, comme nous sommes vaincus, parfois, par l’épreuve et par la peine qui nous suggèrent de nous détourner de Dieu avec colère et chagrin.

Jésus est mort et ressuscité pour que nous soyons vraiment changés, pour que notre cœur de pierre soit enlevé et qu’il nous soit donné un cœur de chair capable de rester fermement attaché au Seigneur, à travers peines et douleurs comme dans la force et la prospérité, jusqu’au jour de la consolation éternelle.

Marchons avec Jésus sur son chemin cette semaine jusqu’à l’aube de Pâques, suivons-le tandis qu’il passe de ce monde à son Père, alors nous serons libérés de la tyrannie du péché, alors nous ne serons plus les mêmes.