Dimanche 21 août 2005 - Vingt-et-unième dimanche

Il y a de quoi réfléchir.

Isaïe 22,19-23 - Psaume 137 - Romains 11,33-36 - Matthieu 16,13-20
dimanche 21 août 2005.
 

Il y a de quoi réfléchir.

Un miroir réfléchit. Deux miroirs en vis-à-vis réfléchissent à l’infini. Placé au milieu, je me donne l’illusion d’une profondeur sans limites. Mais ce n’est que mon image qui s’y reflète, et de plus en plus petite.

Aujourd’hui nous entendons à nouveau Pierre confesser la messianité de Jésus, Fils de Dieu, dans l’évangile.

Au même moment, Benoît XVI célèbre la messe avec un million de jeunes à Cologne. Le pape a changé, les JMJ continuent. Il y a de quoi réfléchir.

Les analyses et les commentaires de l’événement ne manquent déjà pas, et leur flot n’est pas près de se tarir. De même, le texte que nous avons entendu s’est offert depuis deux mille ans à une multitude d’interprètes aux propos abondants, et leur postérité ne sera pas moins prolixe qu’eux.

Rapprochés, ces deux faits du jour nous offrent un espace tentant où inscrire un petit couplet à notre façon. Mais à quoi bon ? Pour quoi faire ? Pour le plaisir de nous sentir capables d’embrasser par l’esprit tour à tour et comme ensemble ces monuments d’histoire et d’Église qui nous encadrent comme les flèches d’une cathédrale d’un jour ?

Voyez les Apôtres : le Seigneur ne les a pas gratifiés de la proclamation liminaire de son identité et de sa mission. Il ne leur a pas dit au départ qu’il était le Fils de Dieu, le Messie, pour leur permettre de réfléchir ensuite à cette formidable information. Il les a appelés à le suivre et leur a fait vivre bien des expériences à ses côtés.

De même, aujourd’hui, avant de leur poser la question « Pour vous, qui suis-je ? », il leur demande d’inventorier ce qui se dit à son sujet dans le monde afin qu’ils puissent vérifier la pertinence de ces diverses propositions à l’épreuve de ce qu’eux-mêmes ont expérimenté de sa personne. Et c’est ainsi que jaillit la confession de Pierre, comme l’éclosion soudaine d’une vérité qui avait lentement germé dans son cœur.

Ce n’est pas autrement que le pape veut attirer les jeunes à la foi.

Celui qui demeure à l’écart sans bouger s’imagine pouvoir à son aise former des hypothèses, peser le pour et le contre, et puis poser ses résolutions. Mais il se berce d’illusions interminables sur lui-même et reste enfermé sans espoir en ses pensées sans substance.

Nous n’avons rien à réfléchir que nous-mêmes si nous n’entrons pas physiquement en action et en compassion avec le Seigneur présent tous les jours à son Église en pèlerinage ici-bas. La foi commence par l’adhésion existentielle bien avant de pouvoir s’exprimer dans les paroles claires d’un véritable témoignage dont le Fils atteste personnellement qu’il vient de son Père.

Les formules que nous énonçons avant de les avoir payées de notre sang ne sont que répétition d’un message en attente d’être reçu. Car ce message attend tout de nous pour être vécu.

Ne réfléchissons pas trop avant qu’il y ait de quoi en notre vie. Marchons sans attendre vers la révélation inespérée que Dieu fera sûrement de son Fils en notre chair.

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