Dimanche 28 août 2005 - Vingt-deuxième dimanche

Chacun préfère la sienne.

Jérémie 20,7-9 - Psaume 62 - Romains 12,1-2 - Matthieu 16,21-27
dimanche 28 août 2005.
 

Chacun préfère la sienne.

Enfin, normalement. Pourquoi ? Parce qu’il l’a choisie ? Pas toujours. D’ailleurs, on peut avoir choisi et puis s’en repentir. Alors, parce qu’elle est mieux que toutes les autres ? Sans doute on le voudrait ainsi, mais objectivement ce sera parfois difficile à soutenir. Et, de toute façon il vaut mieux éviter les comparaisons. Alors, pourquoi ? Parce que c’est la sienne, tout simplement.

À quoi ou à qui pensez-vous... ? Sans doute pas à la croix.

Tout est étrange et bouleversant dans l’évangile d’aujourd’hui. Chaque mot porte et peut nous arrêter. Et donc, en particulier, le fait que chacun ait à prendre sa croix, la sienne.

Dieu sait que cela peut être terriblement clair et précis pour beaucoup d’entre nous ici. C’est le cas de bien des personnes à certaines époques de leur vie, ou pour toute leur vie. D’autres n’ont pas, ou pas encore, d’expérience importante à évoquer pour eux-mêmes. En tout cas, s’il est une chose dont on peut dire que ne la connaît pas tant qu’on ne la pas éprouvée, c’est bien celle-là.

Et voilà que je parle de préférer sa croix ! Ce ne sera certes pas pour l’avoir choisie : sa croix, personne ne la choisit, et même chacun regretterait plutôt de ne pas avoir su l’éviter quand il était temps.

Ce ne sera pas non plus pour la trouver mieux que celle des autres. Certes, chacun ressent spontanément sa croix comme la plus lourde qui soit. Et il ne sert à rien de lui remontrer que celle d’un autre à côté est réellement pire. De toute façon, mieux vaut éviter les comparaisons.

En fait, la croix de Jésus, et elle seule, doit nous donner la mesure des nôtres. Rappelez-vous sa parole à la veille de sa passion : « Vais-je refuser de boire la coupe que me tend le Père ? » Là est la clef de nos épreuves et la résolution de nos révoltes.

Est-ce que le Père n’aime pas absolument le Fils ? Tout ce qu’il lui donne, jusqu’à cette mission folle de nous sauver par la croix, est faveur d’amour. C’est pourquoi il la reçoit avec action de grâce, même dans les cris, les larmes et la désolation de l’âme.

La croix de chacun lui est donnée personnellement par le Christ comme part à sa propre croix pour le salut du monde.

Donc cette croix est instrument de consolation, de miséricorde et de résurrection. Elle vient reposer sur moi comme une consécration, une parole qui confirme mon élection et manifeste l’authenticité de ma mission. Elle me fait vivre l’amour plus qu’humain qui nous unit les uns aux autres dans le don mutuel de la vie pour la vie éternelle.

Cette croix qui m’est donnée m’attache à Dieu et à mes frères dans l’amour de Jésus Christ. Voilà pourquoi je dois l’aimer et la prendre avec reconnaissance.

Oui, plutôt que tous les trésors du monde, chacun doit préférer prendre sa croix parce que c’est celle que lui confie le Père dans son amour.

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