Dimanche 26 septembre 1999 - Vingt-sixième Dimanche

Il vaut mieux se présenter par la tête.

Ezékiel 18,25-28 - Philippiens 2,1-11 - Matthieu 21,28-32
dimanche 26 septembre 1999.
 

Il vaut mieux se présenter par la tête.

Quand l’enfant se présente par la tête, si les épaules passent bien, tout le reste suit facilement. Alors, dans la joie qu’un être humain soit venu au monde, toutes les souffrances qui ont précédé sont oubliées.

La personne humaine est faite de diverses parties. Pour que la naissance soit réussie, il faut que tout finisse par passer sans se démembrer. Il en va de même pour la naissance d’en haut que constitue la conversion à la volonté de Dieu.

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus met en scène deux fils, l’un qui dit oui et n’obéit pas, l’autre qui dit non et obéit. Il ne faudrait pas y voir seulement l’opposition statique du dire et du faire, car il s’agit d’un mouvement, d’une évolution : celui qui a fini par faire la volonté de son père lui rendra grâce et gloire, il dira oui de tout son coeur, tandis que celui qui n’a pas tenu sa promesse s’enfermera dans son refus et reniera son père. Tel fut, en effet, au temps de Jésus, le chassé-croisé des chefs du peuple et des pécheurs.

L’homme est constitué de parties diverses : en pensée, en parole et par action nous pouvons assumer des positions différentes. Nous connaissons tous des grognons qui ne suivent le mouvement qu’en manifestant que c’est de mauvais gré ; mais, si tout se passe bien, les brumes de la mauvaise humeur se dissipent bientôt, et le sourire revient à ceux dont le coeur finit par rejoindre les pieds. Au contraire, le velléitaire ne cesse de se déclarer partant, mais il ne va jamais bien loin. Pourtant, si l’on ne perd pas espoir, peut-être finira-t-il par faire ce qu’il dit ?

Vaut-il donc mieux commencer à se convertir en pensée, en parole ou par action ? En fait, cela importe peu, pourvu que l’on commence de quelque manière, et que le coeur se décide du bon côté. Dire "je crois" en dépit de son humeur et de ses doutes peut être un acte courageux qui signifie le début d’une conversion magnifique.

En tout cas, pourtant, il faut commencer par la tête. Notre tête, en effet, c’est le Christ, le premier-né d’entre les morts. Nul ne peut naître d’en haut qu’en passant à sa suite. Que ce soit une parole, un acte ou un sentiment, rien ne peut être le début d’une conversion si ce n’est par adhésion à Jésus, le Fils unique de Dieu, lui qui s’est anéanti pour nous arracher au néant.

Aujourd’hui, présentons-nous à Dieu par l’action de grâce de celui qu’il a établi à la tête de tout, et nous serons bien accueillis, pour la Vie.