Mercredi 2 novembre 2005 - Prière pour les défunts

Qu’est-ce qu’on retrouvera de nous ?

Sagesse 4,7-15 - Psaume 24 - Romains 14,7-9.10b-12 - Jean 6,37-40
mercredi 2 novembre 2005.
 

Qu’est-ce qu’on retrouvera de nous ?

Qu’est-ce qu’on va trouver chez moi ? Cette inquiétude agite les personnes qui, pour une raison ou pour une autre, envisagent leur possible disparition prochaine et se projettent dans l’avenir où l’on viendra chez eux recueillir leurs affaires personnelles. Lettres, souvenirs, livres, objets d’usage courant ou exceptionnels, toutes ces choses parleront de leur propriétaire, et pas forcément en bien. Il s’inquiète, celui qui va laisser derrière lui des tas d’or ou de dettes, des complices et des victimes, comme autant de pièces à conviction.

Mais pour ceux qui ont perdu un être cher, le pire est quand il ne reste aucun vestige, parce que tout a disparu dans une catastrophe. Ce n’est pas que la découverte des effets du défunt soit sans problème : l’impression d’entrer abusivement dans ce qui était son intimité rend difficile et douloureuse l’opération. Mais on se console avec les reliques qui nous parlent de manière touchante ou glorieuse de la personne pleurée et, sur ce qui pourrait l’accuser, on s’empresse de jeter un voile pudique.

En tout cas, le plus bouleversant, ce sont les témoignages de ce qui nous a liés lorsque l’autre était vivant : comment nous tenions de la place dans sa vie, et lui dans la nôtre. Et souvent la culpabilité nous submerge : tant de fois nous lui avons refusé la place de vivre en nous, et maintenant il est mort !

Cette culpabilité explique en partie que nous nous interdisions assez strictement de juger les morts. Le jugement sans merci refuse la vie à l’autre. Lorsque le temps est venu du jugement de Dieu, on pense à le lui laisser, et même à se faire le défenseur de ses frères plutôt que leur accusateur. Et si nous pensions à faire de même aujourd’hui pour ceux qui sont encore vivants comme nous et que nous sommes tentés de condamner ?

Toujours est-il que notre prière est maintenant pour ceux qui sont partis : nous les recommandons au juge de toute chair pour qu’il les accueille en lui. Mais on peut se poser la question : qu’ont-ils fait, de leur vivant, pour qu’il en soit ainsi ? Ont-ils renoncé à eux-mêmes pour devenir la place de Dieu, selon le commandement qu’ils en avaient reçu de l’Évangile de Jésus Christ ? Vous avez entendu l’Apôtre nous avertir dans la deuxième lecture, « Chacun devra rendre compte à Dieu pour lui-même. »

Encore une fois, nous ne sommes pas là pour opérer leur examen de conscience, mais pour implorer en leur faveur : s’il faut qu’ils soient purifiés avant de pouvoir entrer dans la vision du Très-Haut, que notre prière les aide et les accompagne dans cette dernière épreuve. Car tel est le sens de ce que nous appelons le purgatoire, et qui n’est pas un lieu mais l’œuvre ultime de la miséricorde de Dieu en faveur des pécheurs.

Quant à nous, nous serons de meilleurs avocats de nos chers défunts si nous nous purifions maintenant des œuvres mortes pour mieux entendre l’Évangile et le mettre en pratique : « La volonté de mon Père, c’est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtienne la vie éternelle. » Croyons donc à la Bonne Nouvelle, et mettons généreusement toutes nos énergies à son service.

Confions-nous tous à l’Église pour la rémission de nos péchés par la puissance de l’Esprit Saint, confions ceux qui nous ont précédés comme nous-mêmes, afin que nous soyons trouvés en Jésus Christ lorsqu’il viendra dans sa gloire à la fin du monde.

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